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Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris

Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 15:25


 

 

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Débats de grande qualité le 23 novembre à la Mairie du IV ème arrondissement de Paris, sous la bannière « UPP » Université Populaire Participative de l’Association Désirs d’Avenir.

Invités par Jean-Pierre Mignard, animateur de la rencontre, en présence de Ségolène Royal,

 

Maurice Botbol : Président du syndicat de la presse indépendante d'information en ligne ( le SPIIL)
Patrick Bloche : Député socialiste, secrétaire national aux médias
Jean-Marie Charon : sociologue des médias (EHESS)

Tullio Giannotti : Chef du bureau français de l'ANSA (l'agence de presse italienne)
Denis Muzet : Président de l'Institut Médiascopie
Franck Nouchi :rédacteur en chef et éditorialiste au Monde
Xavier Panon : Editorialiste à "La Montagne"
Laurent Mauduit
: co-fondateur de Mediapart

 

ont pris la parole devant une salle archi-comble pour une mise à plat des conditions dans lesquelles s’exerce (ou pas !) la liberté d’informer en France. Constat unanime : cette liberté est largement entravée.

 

Ségolène Royal propose les grandes articulations du chantier à venir pour un retour à des pratiques républicaines en accord avec les principes d’une société démocratique

 

-lutte contre l’arbitraire du pouvoir : le  débat devant faire émerger quelques idées pour constituer les « bonnes barrières »

-lutte contre le  pouvoir de l’argent : des années de concentration et d’outre-passement des seuils autorisés en matière de prise d’intérêt dans les entreprises de presse, l’amorce des dérives étant daté du milieu des années 90

-prise en compte des nouveaux outils de communication et de leurs interactions qui amène souvent une précarisation du métier de journaliste, une dégradation des conditions d’exercice. Elle rappelle que le discrédit monte en parallèle tant à l’égard des politiques que des organes d’information dont le public dénonce les roueries concordantes et l’exploitation mutuelle.

-constitution d’instances nationales de déontologie de la profession et un rappel à Albert Londres qui parlait de « porter la plume dans la plaie » et « non de lancer des pétales de roses devant les processions ».

 

Tullio Giannottiqui possède en cette matière une grande longueur d’avance, a expliqué les dérives d’un système entièrement contrôlé par le pouvoir politique, lui-même au mains d’un affairiste qui engraisse son pactole en pillant la nation. Son « inventaire à la Umberto Ecco » fait froid dans le dos. L’Italie serait désormais à la 72eme place en matière de liberté de la presse et les dégâts sont immenses, certains irréversibles si l’on songe que la presse de qualité n’aurait quasiment plus de lecteurs, même  si elle renaissait d’un système entièrement asservi. Les lobotomisateurs ont fait leur œuvre. Et beaucoup de « journalistes » même sont incapables d’articuler correctement un raisonnement.

 

Tout se résume à des escarmouches violentes entre les partisans d’un système bi-polaire qui situe tel ou tel évènement à droite ou à gauche en fonction de sa proximité supposée ou non avec le pouvoir. Quelle que soit la nature de l’évènement. Un méta-journalisme qui écrit sur lui-même, chaque jour apportant sa ration de scandales à décortiquer en « famille »…

 

Tullio Giannotti a pris la parole en dernier mais il me semble que son intervention a valeur d’exemplarité et de filtre nécessaire pour lire la suite des aventures de la presse en France : on y vient. On y est ? Oui selon lui, dans la mesure où le pouvoir s’arrange désormais pour qu’un clou chasse l’autre à la vitesse de la lumière. Bettencourt ? Discours de Grenoble. L’écran de fumée. La méthode Berlu.

 

 

Patrick Blochevenait ce jour de défendre à l’Assemblée une proposition de loi sur l’indépendance des rédactions : rejetée par 272 voix contre (201 voix pour). Ce qui montre qu’une partie de la droite se questionne quand même utilement à ce sujet. Surveillance malsaine, interventionnisme à tout va…La double dépendance politique et budgétaire de la presse malmène la liberté d’informer. Il s’appuie sur tout une litanie de dysfonctionnements (Mougeotte et le CR de l’audition de Claire T., articles censurés au sujet des pays où le propriétaire possède des intérêts, fuite de 62 journalistes des Echos au motif de la clause de conscience, invitation de Hesse à France-Inter contre Plenel, etc…).

Après un rappel de l’article 34 de la constitution, il désigne comme malsain le mode de désignation des présidents des chaînes publiques de l’audio-visuel. Et prend l’engagement politique d’un retour à des pratiques plus saines en cas d’alternance ce qui ne signifie pas une reprise du statut antérieur, déjà largement insatisfaisant.

 

Jean-Pierre Mignard

 a rappelé le cadre constitutionnel d’exercice du droit à informer : les textes fondateurs de 1789et de 1880. Un droit si précieux que la IIIe République en remit une couche. Droit constamment remis en cause de toutes sortes de manière. Un autre intervenant* parlera de combat perpétuel, sa vieille expérience ne lui faisant porter aucun regard nostalgique sur un bon vieux temps idyllique… Pourtant ne pas confondre « liberté d’expression » qui est l’oxygène de tout un chacun, et « information » qui nous permet d’être des humains avertis et donc des citoyens. Ce qui suppose une grande rigueur, un travail méticuleux sur les faits de la part des journalistes.

 

 Xavier Panon

outre son refus d’une nostalgie sans objet*,  a rappelé qu’une entreprise de presse est une entreprise. Et qu’elle doit trouver le bon modèle économique pour vivre, quel que soit son niveau d’intervention (national, local, régional) dans le débat. Il regrette l’émiettement des rédactions qui oblige souvent à un travail solitaire au risque du découragement à faire preuve de… courage.  Son groupe, Centre-France, semble en bonne santé et se permet de racheter des titres en perte de vitesse. Le coût social n’en a pas été évoqué. Selon lui on peut échapper au naufrage en se remettant en cause en permanence et en parlant « produit » : savoir ce que le lecteur attend et le proposer. On craint hélas d’avoir la réponse…

 

Laurent Mauduit qui a fait un triomphe (authentique, témoignage 100% lèche-free !) a déclaré d’entrée qu’il trouvait discutable de se retrouver à une tribune en compagnie de politiques, ne faisant d’exception que parce qu’il y était question de la liberté de la presse. On avait bien compris !

 Le médiapartien de base n’a pas besoin que l’on décrive in extenso toutes les dérives dont MDP a traité en ses colonnes. Laurent Mauduit a fait quelques rappels utiles pour planter le décor et dénoncer les croqueurs de presse, ceux qui ont accaparé le champ de l’information et qui ne sont jamais des hommes de presse.  Presse en crise partout dans le monde mais avec une spécificité française : une crise de dépendance aux « amis du palais qui vivent de la commande publique » (exception italienne prise en compte). Inimaginable aux USA (Freedom of Information Act) ou en Suède par exemple où tout citoyen peut de manière anonyme se faire communiquer tout document administratif qui soit. Le non respect de la protection des sources y étant puni par la loi ainsi qu’en Belgique depuis 2005, sauf si une vie est en danger et que l’on communique à un juge d’instruction.

Il a aussi rappelé le « crime de silence » évoqué par Mauriac et demande que l’on n’attende pas des journalistes qu’ils soient courageux : la loi devrait aussi protéger les pusillanimes s’ils ont quelque chose d’essentiel à dire qui relève de l’intérêt général.

 

Franck Nouchi

 a brossé la saga du Monde en tous ses aspects économiques et moraux, décrivant par le menu les étapes, l’attente de « jours meilleurs » qui ne viennent pas et des douloureuses recompositions jusqu’à la reprise par le trio Niel, Pigasse, Bergé. Ce dernier abondant la Société des Rédacteurs à hauteur de 10 millions d’euros. En trente ans, la part publicitaire est passée de 45% à 30% et le lectorat a en moyenne 57 ans.  En même temps la consultation du site ne cesse de progresser. Une réflexion y est menée sur la fusion des équipes papier-web, sur la parution matinale. Il reste selon lui à « réinventer » en utilisant les trois supports (journal, magazine et site) et en rajeunissant la rédaction.  Il parle d’éthique du journalisme.

 

Maurice Botbol s’est présenté comme éditeur de presse et à ce titre a fait des réserves similaires à celles de Laurent Mauduit concernant sa participation à la réunion., qualifiée de « prise de parole sans exclusive ». Dont acte. Le SPIIL représente 60 titres « en ligne »  aux dimensions variables, depuis l’entreprise d’une seule personne jusqu’à l’équipe nombreuse, et regroupe tous les modèles économiques pourvu qu’ils satisfassent aux exigences de l’entreprise de presse (mêmes droits, mêmes devoirs, respect de la convention collective des journalistes) ayant pour salariés des détenteurs de la carte de presse (pas des « usines internet »). La référence professionnelle étant la Charte de Munich de 1971.

Il déplore que l’aide à la presse, qui est conséquente, soit répartie sans aucune transparence. Aucun détail précis n’ayant jamais été donné depuis la Libération sur la nature des aides dont 1/3 dévolu à la Poste !), à qui (copinage) et combien. Selon lui, ces titres ne nécessitent pas des moyens colossaux. C’est la volonté et la détermination qui comptent (il cite Médiapart). Mais pour lui, pas de liberté sans rentabilité économique. Et un impératif : travailler sans peur.

 

 

Jean-Marie Charon a questionné la structure des médias et rappelé que l’interventionnisme de gauche avait lui aussi connu des bonheurs divers. Il pose six questions :

-l’origine de la propriété : appartenance à des individus dépendant des commandes publiques de l’Etat

-la concentration : rappel de l’accaparement par Hersant qui faisait régulièrement l’objet du débat public alors que la digestion actuelle par quelques obligés du pouvoir se passe presque de commentaires. Coup de projecteur sur la PQR de l’Est dans les mains du Crédit Mutuel (mais il a oublié l’exemple de la Dépêche et son groupe tentaculaire appartenant à un politique)

-l’autonomie des rédactions : revoir le rôle des sociétés de journalistes ou a moins celui du directeur de la rédaction qui devrait échapper à la tutelle des managers-propriétaires

-la nomination des présidents de chaînes de l’audiovisuel public : la mission Copé ayant échoué, il convient de se réinterroger pour dégager un consensus dans la société sur les missions de l’AV public.

-la gratuité : réorganiser la distribution des aides en direction des utilisateurs ?

-le « refermement » d’Internet au profit d’une toute petite quantité d’opérateurs (Google, Apple…) obligeant à des négociations permanentes avec eux contrairement aux promesses de liberté contenues initialement dans l’accès à ces nouvelles technologies

 

 

Denis Muzet a documenté la rubrique « fast news » qu’il étudie dans des chroniques régulières. Une info consommée en miettes, de manière dispersée, de plusieurs supports parfois en même temps. Plus aucun moment de prise de distance, de lecture suivie et de questionnement personnel. Surfer sur la manne-info conduit à la perte de sens, à la perte de confiance aussi dûe au chaos organisé par les émetteurs. Il dénonce la sous-traitance de l’information confiée aux intermédiaires qui mélangent info et com, le story-telling, l’info people, la psychologisation, l’apparence de scientificité présentée par les sondages, le rôle de journaliste-justicier qui dit le vrai et le juste en menant des sessions d’infos qui ressemblent à un tribunal, le roman de fiction politique qui tient lieu d’analyse des débats publics. La mort de l’information sur le modèle de la mort des autres services publics.  Qui justifie la montée de « l’abstention » publique : les lecteurs fuient, se réfugient dans les « théories du complot » qui offrent une façon biaisée de voir le monde. L’ère de la manipulation.

 

En corrolaire ont été posées les questions

-de l’avenir des jeunes journalistes, de leur précarité devenue quasiment la règle partout

-du pluralisme dont l’exigence devrait être garantie par la Nation car c’est le fond matriciel de la démocratie

-de l’organisation de la profession pour garantir un minimum de pratiques déontologiques (commission nationale de déontologie ?)

-des financements : si ce ne sont pas les marchands de canons, qui ? (évocation d’une piste « européenne » d’aide à la presse, mais pas dans le cadre actuel totalement opaque d’où la nécessité d’un véritable contrôle citoyen

-l’expression des « sans-voix » par le biais de nouveaux outils battant en brèche « l’arrogance » des journalistes (outils participatifs ? On pense à Médiapart et… aux UPP)

Il a été aussi été question, en ces temps de combat pour la démocratie, de la nécessaire complémentarité momentanée des journalistes et des politiques, ne serait-ce que parce qu’il faudra changer le cadre législatif pour que les choses évoluent de manière positive.

 

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 12:24
Royal attaque Sarkozy sur la liberté de la presse
Ségolène Royal a multiplié les attaques contre Nicolas Sarkozy ce 23 novembre lors d'une réunion publique sur le droit à l'information.  

 

LEXPRESS.fr

Par Marcelo Wesfreid, publié le 23/11/2010 à 22:01

 

Alors que les mises en cause de la presse se succèdent depuis l'affaire Bettencourt, Ségolène Royal consacrait, ce 23 novembre, une réunion publique de son mouvement Désirs d'avenirs sur la "Liberté et responsabilité de la presse et des médias: une utopie réalisable".

 

Feu sur Sarkozy

Dans son discours, Ségolène Royal avait prévu de porter une charge véhémente contre "les entraves à répétition qui s'abattent sur les journalistes pour les punir de faire leur métier. Ces gardes à vue, ces mises en examen, ces cambriolages dans les locaux de plusieurs journaux, l'épluchage des "fadettes" au mépris de la protection des sources." Un passage non prononcé à la tribune, mais qui figure dans le discours distribué aux journalistes, et que la présidente de Désirs d'avenir assume, comme son entourage l'a finalement indiqué aux journalistes, un peu plus tard dans la soirée.

Dans son allocution, Royal avait également prévu de pointer la  "loi transgressée, les journalistes harcelés et espionnés, leurs ordinateurs volés. Alors que certains mettaient en doute cette réalité, permettez-moi de vous confier que je les ai tout de suite reconnues et qu'elles m'ont rappelé les cambriolages d'ordinateurs de mon équipe de campagne en 2007. Avec deux fois mon domicile mis à sac."  
Ségolène Royal a eu du flair. En décidant d'organiser voilà quelques semaines un table-ronde sur la liberté de la presse, la socialiste pouvait difficilement imaginer qu'elle s'exprimerait après un week-end chargé sur le sujet: cambriolage ce week-end à Rue 89, polémique sur la façon dont le président Sarkozy a qualifié une poignée de journalistes en marge d'un déplacement officiel.

Une actualité dont l'ancienne candidate à la présidentielle a fait référence en ciblant les "injures infâmes" du chef de l'Etat. Puis, elle s'est alarmée, devant 400 sympathisants massés dans la grande salle de la mairie du IVe arrondissement de Paris, des phénomènes de concentration dans la presse. Une "exception française", selon Royal. "On a vu (...) de grands groupes venus du BTP et des marchés de l'armement, vivant de la commande publique s'emparer des quotidiens, des magazines et des chaînes." Et de suggérer de "plafonner la part des groupes dépendant de la commande publique".

Puis, la socialiste s'est livrée à une défense et illustration de la presse indépendante d'investigation, et notamment de la "presse internautique" (sic) qui a fait "le choix d'un autre modèle où la garantie de l'indépendance rédationnelle résulte de la propriété du capital par les journalistes et les lecteurs." 

Enfin, elle a passé la parole à des observateurs et des acteurs du monde des médias comme l'ancien patron de Désirs d'avenir Jean-Pierre Mignard, avocat spécialiste du droit de la presse, le député PS Patrick Bloche et des journalistes - un temps annoncé, le patron de Mediapart Edwy Plenel était finalement absent de cette table-ronde. 

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 12:20

La socialiste critique avec virulence le «off» du Président qui s'est emporté face à des journalistes sur Karachi. En marge d'un débat sur la liberté de la presse, elle s'est aussi dite «choquée» de la façon dont Audrey Pulvar a été débarquée d'I-télé.

 

Par LAURE EQUY

 

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Sources sous surveillance dans l’affaire Bettencourt, ordinateurs de journalistes dérobés, verrous autour de l’affaire Karachi, nominations dans l’audiovisuel public et autres plaintes du pouvoir et de la majorité contre les médias: comme à son habitude, Ségolène Royal s’emploie à capter les thèmes du moment. Ce mardi soir, la liberté de la presse était donc au menu de la présidente (PS) de Poitou-Charentes et de son association politique, Désirs d’avenir.

Et c’est au canon que Royal a conclu l’université participative. Des relations tourmentées entre la presse et le camp sarkozyste, c’est le dernier épisode que la socialiste choisit d’attaquer avec la plus grande virulence : le «off» au cours duquel le chef de l’Etat, voulant démontrer par l’absurde sa bonne foi dans l’affaire Karachi, évoque la pédophilie imaginaire d’un journaliste. «Infâmes injures», «insultes inadmissibles», «inacceptable pour la dignité de la fonction de président de la République», «il a insulté gravement les citoyens, maintenant il insulte gravement les journalistes», balance-t-elle consternée, à l’issue du débat. Du coup, Royal exige de voir Nicolas Sarkozy sanctionné, feignant d'ignorer l'immunité présidentielle dont il bénéficie: «Cela s’appelle une injure publique et mérite une punition, la loi doit être la même pour tous.»

«C’est qu’il a peut-être quelque chose à se reprocher»

Et l’ex-candidate de tenir à son rival de 2007 une leçon de stature présidentielle, façon débat d’entre-deux tours: «Un président de la République doit savoir tenir ses nerfs, retenir sa parole, retenir sa colère injuste, et doit savoir garder son sang froid.» Là, Royal pousse plus loin sur les raisons de la nervosité de Sarkozy interrogé sur le dossier Karachi. «Si les journalistes font des investigations sur la gravissime affaire de l’attentat de Karachi, ils ne font que leur travail. (…) S’il perd son sang froid au point d’insulter gravement un citoyen qui ne fait que son travail, c’est qu’il a peut-être quelque chose à se reprocher», suggère-t-elle, réclamant la tenue des engagements pris par Sarkozy sur la transmission de documents demandés par la justice.

Plus généralement sur ce dossier, elle dénonce «une chape de plomb» et un  «secret défense utilisé pour camoufler l’inacceptable».

Evoquant aussi les cambriolages dans plusieurs rédactions – Le Monde, Mediapart, Le Point, Rue 89 -, Royal n’accuse pas l’exécutif mais pencherait plutôt pour «des officines qui pensent pouvoir faire plaisir au pouvoir» politique ou économique. Rappelant que son propre domicile a déjà été cambriolé, elle invoque «des méthodes d’intimidation, pour faire peur, pour faire taire».

Se voulant, au contraire, protectrice et compréhensive quant au «malaise des journalistes», Royal a, par ailleurs, pris la défense d’Audrey Pulvar privée d’antenne sur I-télé pour cause de candidature à la primaire de son compagnon, Arnaud Montebourg. «Je suis particulièrement choquée de la façon dont Audrey Pulvar a été débarquée.» La présentatrice «m'a expliqué qu'elle avait pourtant informé la direction de sa chaîne trois semaines avant la déclaration de qui l'on sait et qu'elle a appris son débarquement dix minutes après le 20 heures», raconte la socialiste.

 

 


Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 21:38

L'annonce par Arnaud Montebourg de sa candidature aux primaires du PS a remis en cause les émissions politiques de sa compagne.

 

Le POINT.fr

Par Emmanuel Berretta


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L'émission politique de la journaliste d'i>Télé Audrey Pulvar est suspendue suite à la candidature déclarée d'Arnaud Montebourg à la présidence de la République © Christophe Morin / IP3

 

 

Vendredi soir, Audrey Pulvar reçoit un coup de téléphone de Pierre Fraidenraich, le patron d'i>Télé, qui l'informe que, dès lundi, son émission Audrey Pulvar Soir sera supprimée. En fait, la décision est tombée du sommet de la maison mère, Canal+. C'est Bertrand Méheut lui-même, le P-DG du groupe Canal+, qui a tranché. Une décision qui a pris de court Audrey Pulvar. "Je m'adapte mais je trouve cette décision prématurée", confie-t-elle à ses proches qui, depuis hier matin, s'inquiètent pour son avenir.

Arnaud Montebourg, son compagnon, devait annoncer sa candidature aux primaires socialistes dès le mois d'août, dans son fief de Frangy-en-Bresse, à l'occasion de la Fête de la rose. Audrey Pulvar l'en a dissuadé, pressentant les ennuis professionnels que cette annonce lui causerait. Pour ne pas gêner sa compagne qui débutait sa collaboration sur France Inter quelques jours plus tard, le député de Saône-et-Loire avait donc accepté d'attendre pour finalement se porter candidat le 20 novembre.

Depuis 10 à 15 jours, Audrey Pulvar avait, à son tour, prévenu ses deux employeurs, Pierre Fraidenraich à i-Télé et Philippe Val à France Inter. Sur la radio publique, la situation personnelle de la journaliste pose un peu moins problème. Dans la tranche du 6/7, Audrey Pulvar n'a pas la responsabilité des journaux et s'est abstenue d'inviter un politique depuis le 20 septembre, le dernier en date étant Benoît Hamon, porte-parole du PS. En revanche, sa deuxième interview à 7 h 50 devrait prochainement lui être retirée. France Inter souhaite pouvoir conserver à cet horaire un rendez-vous politique.


Méheut pressé de mettre un terme à la situation

 

Lundi soir, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, Arnaud Montebourg déplorait l'attitude d'i>Télé et ne pouvait s'empêcher de plaisanter en affirmant être "le principal défaut d'Audrey Pulvar", en référence à sa petite phrase concernant Ségolène Royal et François Hollande. "Ça m'a fait sourire et ça m'a surprise", confiait ce matin Audrey Pulvar à son entourage. La journaliste estime que sa situation n'est pas comparable à celle de Béatrice Schönberg, qui avait dû abandonner la présentation du JT de France 2 en juillet 2005 alors que Jean-Louis Borloo, son mari, était devenu le numéro 5 du gouvernement Villepin le 31 mai 2005. Son compagnon, lui, n'est que "simple député" et le reste jusqu'à nouvel ordre. Contrairement à Arnaud Montebourg qui l'avait appelée de ses voeux, Audrey Pulvar avait trouvé "injuste" l'éviction de Béatrice Schönberg.

"Mais pourquoi l'écarter si tôt ? s'interroge l'entourage de la star d'i-Télé. Les primaires socialistes n'auront lieu qu'en octobre 2011. La vraie campagne interne au PS débutera vers le mois de juin. On avait donc le temps ! Le fait que Montebourg se déclare candidat un an à l'avance ne change pas grand-chose." Chez Canal+, Bertrand Méheut, lui, était pressé. La relation entre Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg le préoccupe depuis l'origine quand des paparazzis ont saisi les amoureux et ont vendu les clichés à Closer. À la suite de cette publication, la journaliste avait demandé et obtenu un rendez-vous avec le big boss. À la suite de cet entretien, Méheut avait maintenu Pulvar à l'antenne mais il savait que les ennuis commençaient pour lui.

Audrey Pulvar s'était engagée contre la suppression de la publicité voulue par Nicolas Sarkozy. Elle avait pris la tête des cortèges de manifestants et s'était attiré les foudres des pouvoirs publics, tant à l'Élysée que Rue de Valois, où Christine Albanel pestait contre cette "passionaria qui mord la main qui la nourrit". Du fait de cet engagement politique, le recrutement de la journaliste par i-Télé avait donné lieu à un débat au sein du groupe Canal+. Ses partisans l'avaient toutefois emporté. De leur côté, Patrick de Carolis et Patrice Duhamel avaient vu partir Audrey Pulvar du 19/20 non sans un certain soulagement... "J'étais ingérable pour eux et tant mieux", confie-t-elle.

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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 11:24

 

annonce france def Informez vous sur: www.rsf.org 

 

A lire avant d'aller à l'UPP sur la liberté de la presse (plus d'infos sur l'UPP: cliquez ici)

 

 C'est peu dire que la réforme de la procédure de nomination des patrons de l'audiovisuel public a fait polémique, quand Nicolas Sarkozy, peu après son élection, a privé le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de cette prérogative essentielle pour s'attribuer à lui-même ce pouvoir exorbitant. Mauvais coup contre la démocratie ! Régression autoritaire ! Remise en cause de l'indépendance de l'information sur les chaînes publiques !

La décision a déchaîné une tempête politique. Et de proche en proche, à l'occasion de l'éviction des saltimbanques Stéphane Guillon ou Didier Porte de France Inter, ou lors des tentatives (avortées) de pousser le patron d'Europe-1, Alexandre Bompard, qui est un ami proche de Nicolas Sarkozy, à la tête de France Télévisions, la controverse a repris sur le thème que l'on sait: le chef de l'Etat rêve d'un audiovisuel à la botte, et si la procédure de nomination a été réformée, c'est à cette fin.

La vérité, pourtant, c'est que quand il n'y a pas de postes à pourvoir dans un avenir proche et que Nicolas Sarkozy n'a pas à intervenir, la polémique retombe. Sans doute parce que chacun pense qu'entre deux nominations, le danger s'estompe et que la vie de l'audiovisuel public reprend cahin-caha. Eh bien non ! Car la réforme de l'audiovisuel public est encore beaucoup plus grave que ne le soupçonnent même... ses plus farouches détracteurs. Pour la bonne raison que Nicolas Sarkozy peut intervenir non seulement lors des nominations mais aussi... à tout bout de champ!!!

 

Pour lire la suite, cliquez sur le lien ci-dessous:

/www.mediapart.fr/article/offert/9503fbb9c0ae297b30c1616568cac229

 

Laurent Mauduit

 


Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris
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Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 14:28

 

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| 08.11.10 | 14h02

 

Association des journalistes de la presse judiciaire et Forum des sociétés de journalistes

 

Veut-on tuer la liberté d'informer ? Avec l'affaire Woerth-Bettencourt, c'est bien ce principe fondamental qui a été dangereusement ébranlé ces dernières semaines. Que voit-on ? Les services secrets, des policiers, des magistrats qui se procurent les relevés téléphoniques de journalistes pour identifier leurs correspondants. Ou encore des ordinateurs volés à des journalistes qui enquêtent sur des affaires sensibles.

 

L'essence même de notre métier est de poser des questions à qui bon nous semble afin que chaque citoyen puisse être informé. Chercher à savoir à qui nous nous adressons revient, à l'évidence, à bafouer le secret des sources que le législateur a prétendu protéger à travers la loi de janvier 2010. Ses insuffisances, dénoncées dès sa promulgation, sautent aujourd'hui aux yeux. Ce texte est déjà si malmené par les uns, voire piétiné par les autres, qu'il est urgent de l'abroger et de le remplacer par un dispositif garantissant réellement ce secret, en sanctionnant ceux qui le violent délibérément.

Car l'un des plus hauts responsables de la police l'a reconnu publiquement : ce ne sont pas les journalistes qui intéressent l'Etat, mais leurs sources. Quel peut être le but de telles affirmations si ce n'est effectivement d'intimider et de tarir ces mêmes sources qu'il s'agisse de citoyens, de fonctionnaires, de magistrats, d'avocats, de syndicalistes, d'hommes d'affaires... C'est par l'espionnage des journalistes, en cherchant à identifier leurs sources, que s'opère cette atteinte inacceptable à la liberté de l'information. Et par conséquent, au droit à l'information de chaque citoyen.

Ces méthodes, peu compatibles avec la nature de la démocratie, sont d'autant plus insidieuses qu'elles s'abritent derrière les intérêts supérieurs de l'Etat, alors qu'en l'espèce, l'affaire Bettencourt est une affaire privée. Au nom de l'intérêt de la nation, défini par quelques-uns, faudrait-il que tout scandale soit étouffé, la fin justifiant les moyens ?

Le secret des sources est consacré par la Cour européenne des droits de l'homme et il est bien évident qu'une presse indépendante, curieuse - mais aussi rigoureuse -, constitue un pilier de la démocratie. Si nous, journalistes, tenons tant à ce secret-là, c'est justement parce qu'il ne nous appartient pas. Notre rôle consiste à vérifier, recouper, mettre en perspective les informations que nous recueillons. Protéger nos sources, célèbres ou non, c'est nous assurer qu'elles ne se tariront pas de crainte d'être démasquées. La motivation de nos sources leur appartient, ainsi que la décision de rendre publique des informations dont elles ont connaissance. En ce sens, le secret que défendent les journalistes est d'autant plus noble et légitime qu'il est celui des autres. L'objectif de cette tribune n'a pas pour but de protéger les intérêts ou les privilèges supposés de notre profession. Car ces violations répétées, ces entraves à l'exercice du métier d'informer menacent d'abord, lecteurs, votre droit à l'information et donc une part de votre liberté.


 

Article paru dans l'édition du 09.11.10

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris
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Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 14:13
 

Sur Le Post, Edwy Plenel, le président de Mediapart se félicite que son site "participe au procès de la liberté de la presse".

 

 


Edwy Plenel (Photo d'illustration)
Edwy Plenel (Photo d'illustration) | MAXPPP

 


La plainte de Claude Guéant contre Mediapart ne semble pas affoler le président du site, Edwy Plenel. Ce dernier préfère même ironiser sur le sujet.

"C'est l'hôpital qui se fout de la charité", estime-t-il sur Le Post.

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée poursuit Mediapart "pour diffamation par voie de citation directe".

L'objet du litige ? Un billet publié jeudi et intitulé "Espionnage d'Etat des journalistes : Monsieur le Président, cela vous concerne", Edwy Plenel écrit : "Les témoignages de sources au cœur de l'Etat sont trop insistants et les faits qu'ils rapportent sont trop concordants pour que nous gardions cette réserve professionnelle".

La président de Mediapart ne s'arrête pas là et affirme que deux journalistes du site "auraient eu droit, depuis mars-avril, à des surveillances téléphoniques afin d'établir une cartographie de leurs relations et contacts."

Claude Guéant, et le patron du contre-espionnage, Bernard Squarcini, ont décidé de contre-attaquer en portant plainte en diffamation, rapporte Le Journal du Dimanche.

Le secrétaire générale de l'Elysée affirme : "On ne peut pas laisser dire n'importe quoi".

"Nous pouvons savoir des choses, mais les prouver matériellement c'est très difficile", explique au Post Edwy Plenel.

Sur Le Post, le président et co-fondateur du site Mediapart revient sur la plainte de Claude Guéant.

Que vous inspire cette plainte ?
"Elle m'inspire deux commentaires. D'abord, c'est une très bonne nouvelle. S'il maintient son intention, cela donnera lieu à un procès au cour duquel nous apporterons des témoignages, des faits, pour montrer que le gouvernement bafoue le droit à l'information.
Ensuite, cette plainte, c'est l'hôpital qui se fout de la charité. On parle de diffamation de Mediapart envers l'Elysée, mais tout le monde sait la violente campagne qu'a mené l'Elysée contre Mediapart. Je rappelle que Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP avait accusé le site de recourir à des "méthodes fascistes" au sujet de l'affaire Bettencourt. Cette violence verbale démesurée ne constitue que la partie immergée de l'iceberg. Alors, entendre parler de diffamation dans la bouche de Claude Guéant me surprend..."

Vous n'avez donc aucune crainte concernant l'éventuel procès ?
"La justice n'est pas une science exacte. Mais, de notre côté, nous sommes sûrs de notre bonne foi et de notre bon droit. Nous sommes convaincus que le tribunal en donnera acte. Ce procès sera l'occasion de donner la parole aux différents syndicats de journalistes. Ensemble, nous ferons le procès de l'Élysée."

Quelles sont vos preuves pour contrer cette plainte en diffamation ?
"Nous avons tout ce que nous avons écrit, tout ce que nous disent nos sources en toute bonne foi. Les témoins seront là pour en témoigner."

En réponse à cette plainte, pensez-vous apporter des détails sur la géolocalisation de vos journalistes dans l'affaire Bettencourt ?
"Une plainte en diffamation prend du temps. Nous pouvons savoir des choses, mais les prouver matériellement, c'est très difficile.
Par exemple, il y a vingt ans de ça, j'ai écrit un article sur les écoutes sous Mitterrand. A l'époque, j'étais sûr de ce que j'écrivais, mes sources étaient fiables, mais je ne pouvais pas le prouver matériellement. Ce n'est que plusieurs années plus tard que l'affaire des écoutes sous Mitterrand a été dévoilée. J'ai confiance, que si procès il y a, nous pourrons prouver notre bonne foi, la légitimité  de notre expertise et le sérieux de l'enquête."

Pensez-vous que Claude Guéant va réellement porter plainte ?
"Je pense que c'est une stratégie de diversion concernant ce débat public lancé il y a plusieurs mois. Mais nous saurons relever le défi. Je me félicite que Mediapart participe au procès de la liberté de la presse et du droit à l'information."

 

 

Sources : Le Post

Par La rédaction du Post

 


 

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Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Liberté de la Presse" de DA Paris
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Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 19:22

06/11/2010 à 18h54

Sources : Le Parisien

Par La rédaction du Post

 


 
Stéphane Guillon et Gérald Dahan.Stéphane Guillon et Gérald Dahan. | Max PPP - Montage le Post

Décidement, la pilule ne passe pas. Stéphane Guillon, viré de France Inter au printemps, et Gérald Dahan évincé depuis peu de la rédaction, se retrouvent samedi soir sur le plateau de "Salut les Terriens" sur Canal Plus.

L'occasion rêvée pour les 2 humoristes de tacler leur ancien employeur, et plus particulièrement le directeur de la radio, Philippe Val.

Le journal Le Parisien, qui a pu voir des extraits avant sa diffusion, fait un "teaser" de l'émission. Samedi soir, on verra ainsi, Stéphane Guillon "recevoir" Philippe Val. Et là, surprise, qui apparaît ? Un Gérald Dahan déguisé en Val, mais qui ressemble bien plus à Nicolas Sarkozy...

Rancunier ?

Le message derrière tout ça ? C'est que Gérald Dahan soutient que son éviction est dûe à sa chronique sans concession à l'égard de Michèle Alliot-Marie la semaine dernière. Il prétend donc que son débarquement d'Inter est lié à des raisons politiques.

Pourtant, la direction de la radio est formelle : "Plus personne ne l'écoutait le matin. Il ne faisait pas rire. C'est ça la vraie raison", confiait la radio au Post.


La chronique des deux "déchus" de France Inter va-t-elle trouver son public ce soir ? Val va-t-il se faire tailler un costume ?

 

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