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Le dossier "Retraites" de DA Paris

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Dimanche 31 octobre 2010 7 31 /10 /Oct /2010 13:59

Dossier de Marianne: Retraites, Sarkozy n'a pas gagné

Dimanche 31 Octobre 2010 à 07:0

La mobilisation ne semble pas vouloir se changer en baroud d'honneur et la réforme des retraites - désormais adoptée - fait encore et toujours parler d'elle.




926357-1097775.jpg (dessin : Louison)

Fracture scolaire et sociale : la France des métropoles contre la France périphérique, par Gaël Brustier & Jean-Philippe Huelin - Tribune
La France «périphérique» a de quoi se révolter: fractures territoriales, fracture scolaire, forte désindustrialisation… Autant de dénominateurs qui poussent leur population à condamner la réforme des retraites. La preuve, pour Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, co-auteurs de « Recherche le peuple désespérément », d'un profond malaise social.


Retraites: Sarkozy a joué à «qui gagne perd», par Gérald Andrieu - Marianne
L’Assemblée a adopté hier la réforme des retraites. Tout serait donc plié. Sarkozy, une nouvelle fois, l’aurait emporté. Il va falloir s’habituer à ce chant victorieux que la droite a commencé à entonner. Même s’il sonne faux.


Retraites: le PS mise tout sur la saisine du Conseil constitutionnel, par Régis Soubrouillard - Marianne
Favorable à une saisine du Conseil Constitutionnel, Robert Badinter a estimé que c'est sur le front juridique que devait désormais se jouer la bataille contre la réforme des retraites. Le sénateur socialiste a fixé le nouvel échéancier du débat politique sur les retraites à 2012, estimant qu'il serait un thème majeur de la prochaine présidentielle.


Retraites: Estrosi a-t-il lu le projet de réforme?, par Pauline Baron - Marianne
Christian Estrosi, invité lundi soir sur le plateau de «Mots Croisés» pour parler de la réforme des retraites, n’avait pas à l’évidence bossé à fond son sujet… À moins qu’il n’ait tenté de faire avaler n'importe quoi aux téléspectateurs. Caramba, encore raté!


Retraites : comment l'ULN veut mobiliser malgré les vacances, par Pauline Baron - Marianne
Les vacances de la Toussaint auront-elle raison de la mobilisation des lycéens ? En tout cas, l'UNL, ce syndicat médiatisé depuis le début du mouvement, tente d'appeler les lycéens à poursuivre la mobilisation en vacances.


Cohn-Bendit: les leçons de retraite de papy Dany, Pauline Baron - Marianne
Autrefois si virulent pour défendre ses revendications, Daniel Cohn-Bendit semble s’être ramolli avec les années. S’il a prescrit son propre remède pour réformer le système des retraites ce matin sur Europe1, l’ex-leader de Mai 68 a plaidé avant tout pour une reprise des débats.
Retraites: et si on organisait une votation citoyenne?, par Variae - Blogueur Associé
Que faire face à un gouvernement inflexible qui mise sur l'essoufflement du mouvement de contestation de la réforme des retraites? La votation citoyenne pourrait être ce second souffle tant attendu, selon Variae.

Pendant la grève, la mondialisation continue, par Eugène - Blogueur Associé
Petit tour d'horizon avec le blogueur Eugène, des bonnes et mauvaises nouvelles des usines françaises. Car les délocalisations.

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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 13:14

Réforme des retraites, les fausses évidences


LEMONDE| 28.10.10 | 13h58  


Les-defis-du-vieillisement.jpgRepousser l'âge légal de la retraite va-t-il permettre d'allonger la durée de la vie active ? En France, cette affirmation, qui semble aller de soi, pourrait bien être une fausse évidence. Pourtant elle est répétée à l'envi par tous les responsables du gouvernement pour justifier la réforme.

Dans notre pays, en effet, l'âge de liquidation de la retraite, dont il est uniquement question avec les reports prévus à 62 ans et 67 ans, est nettement déconnecté de l'âge effectif de sortie du marché du travail. L'âge médian de sortie du marché du travail stagne à 58 ans depuis 2003 (58,9 ans en 2010), alors que l'âge moyen de liquidation de la retraite a progressé sur la même période et se situe à 61,6 ans.

Ainsi 40 % des personnes qui font valoir leur droit à la retraite ne sont déjà plus en activité. Durant les deux ans et demi qui les séparent de l'entrée dans le système de retraite, elles sont prises en charge par l'Assurance-chômage ou des minima sociaux en attendant de pouvoir liquider leur retraite. On peut donc s'interroger sur les bénéfices financiers d'une réforme qui consiste à transférer pour partie les coûts du système de retraite vers d'autres dépenses sociales.

Ce constat remet en question l'assimilation qui est faite par le gouvernement entre âges légaux de la retraite et âge de sortie du marché du travail. Or, l'équilibre financier du système de retraite repose avant tout sur la capacité que la réforme envisagée aura de retarder l'âge effectif de sortie d'activité. Car allonger la vie active procure un double dividende en matière de financement des retraites puisque, simultanément, le nombre de cotisants actifs est majoré alors que diminue d'autant le nombre de pensionnés.

On est donc conduit à émettre des doutes sérieux sur la pertinence des paramètres retenus par le gouvernement. Quant aux finalités de la réforme, elles constituent une évidence assez largement partagée, tant dans le pays qu'au niveau européen. L'objectif adopté par le Conseil européen de Stockholm en 2001 d'atteindre au moins le minimum de 50 % de la tranche d'âge des 55-65 ans en emploi en 2010 n'avait pas d'autre visée que de préparer les pays membres au vieillissement de leurs populations tant au niveau de leur compétitivité que de l'équilibre des comptes sociaux.

SENIORS, LE RETARD FRANÇAIS 

Hélas, la réforme des retraites de 2003 ainsi que le Plan d'emploi senior de 2006 n'ont pas permis à la France d'accomplir des progrès significatifs en ce domaine : notre pays reste en queue de peloton. Le taux d'emploi des 55-64 ans stagne à 39 % en 2010, contre 48 % pour la moyenne de l'Europe. Depuis 1996, on enregistre une progression de seulement 30 % de ce taux contre + 64 % pour la Finlande et + 84 % aux Pays-Bas. Le taux d'emploi des 60-64 ans ne dépasse pas 17 %, contre 39 % pour la moyenne européenne.

Contrairement à ce qui est affirmé, le principal retard français ne réside donc pas dans des âges d'ouverture des droits à retraite, qui seraient les plus bas d'Europe. Ainsi la réforme des retraites adoptée en Finlande en 2005 a maintenu à 60 ans l'âge plancher d'ouverture des droits. La Suède l'a fixé à 61 ans, alors que 70 % des Suédois sont encore en activité entre 55 et 65 ans. Ces deux pays ont opté pour une retraite choisie à partir d'un âge plancher d'ouverture des droits et mis en oeuvre des mécanismes pour inciter à la prolongation d'activité de type "surcote". Ils ont supprimé tout âge légal standard de la retraite.

Le retard français tient, en premier lieu, à un âge effectif de sortie du marché du travail extrêmement précoce et notablement inférieur à l'âge d'ouverture du droit à retraite. Cette réalité persistante apporte la preuve que les freins à l'emploi ne sont pas principalement d'ordre légal. Ils relèvent de politiques de formation, du travail et de l'emploi inadaptées au contexte du vieillissement de la main-d'oeuvre. Il serait donc urgent de permettre aux seniors de durer en emploi en rendant le travail soutenable, et de convaincre les entreprises que les seniors peuvent être autre chose qu'une variable d'ajustement de leur masse salariale.

Une autre réforme des retraites est possible et souhaitable qui ne demeurerait pas confinée aux paramètres d'âge d'ouverture des droits mais s'attacherait aussi à lever les freins à la prolongation de l'activité des seniors dans notre pays. La seule réforme efficiente est celle qui avance sur ses deux jambes : emploi et retraite.

La réforme adoptée en l'état pourrait bien déboucher, contrairement à ce qui est annoncé, à l'extension d'une période de précarité en fin de vie active, comparable à celle réservée aux jeunes en début de vie active, au lieu d'aboutir à un allongement de la durée de la vie de travail.


Ouvrage : "Défis du vieillissement", Armand Colin, 360 p., 33,40 euros.

 

Anne-Marie Guillemard, sociologue

Article paru dans l'édition du 29.10.10

 

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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 21:52

Mobilisation massive mais en recul, Ségolène en guest star

 

 

manifestation-retraites_281010_01-7b7e4.jpg

Ils étaient entre 11 000 (police) et 32 000 (syndicats) à défiler dans les rues de Lyon, en pleine semaine de vacances scolaires et au lendemain du vote final du projet de loi. Une participation importante bien qu’en recul d’un tiers comparée à celle du 19 octobre (45 000 et 18 000 personnes). Le défilé s’est déroulé sans heurts de Sans-souci à Bellecour avec une invitée surprise : Ségolène Royal, présente dans le cortège sur une partie du parcours. Les syndicats promettent « de nouvelles formes d’action ».

« Une réussite » commente Pierre Coquan, secrétaire départemental de la CGT, pour cette nouvelle mobilisation témoigne d’un « ancrage profond » de la contestation qui dépasse la seule question des salaires. « Emploi, salaires, conditions de travail », sont d’autres sujets qui, selon lui, ont émergé au cours du conflit. Une nouvelle réunion intersyndicale est prévue le 4 novembre à Paris. Il est néanmoins fort possible que la manifestation du 6, d’ores et déjà actée, soit la dernière du combat contre la réforme des retraites. Les syndicats se tournent vers de « nouvelles formes d’actions ». « La loi est mauvaise. Ce n’est pas parce qu’elle a été votée, qu’elle devient bonne », souligne Pierre Coquan. Il pourrait alors y avoir des opérations coup de poing comme celle de mardi quand la ligne de tramway T3 a été bloquée par des manifestants qui distribuaient des tracts.

D’autres ont déjà les yeux tournés vers 2012. C’est le cas de Ségolène Royal qui s’est invitée à la manifestation lyonnaise. « Cette réforme n’est ni juste ni efficace », a-t-elle martelé devant de nombreux micros, affirmant qu’elle était là « en tant que simple citoyenne ». « Une autre politique est possible », a-t-elle déclaré, promettant que le parti socialiste rendra la retraite à 65 ans à tous les Français et celle à 60 ans à ceux qui ont commencé tôt à travailler. Avant de dénoncer un « pouvoir corrompu et tyrannique ».

Dans le cortège, on pouvait également apercevoir une centaine de fonctionnaires municipaux vaudais, chantant et dansant. Vaulx-en-Velin est la seule ville de l’agglomération dont les services municipaux sont en grève. Bernard Genin, le maire de la ville, prépare, lui aussi, l’après-manif. « Personne n’est dupe », souligne l’élu. « Sarkozy restera ferme. » Et d’annoncer qu’il compte réunir « toutes celles et tous ceux qui ont participé au mouvement pour débattre de ce qu’on fait demain. » « C’est maintenant qu’il faut créer les conditions du changement », sans attendre « le grand soir électoral de 2012 », affirme l’édile. Et de conclure : « Il faut que la gauche ait le courage d’inverser ces changements. »

 

Photos : © Michael Augustin

Publié le : jeudi 28 octobre 2010, par Michael Augustin


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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 18:50

COMPARAISON - Qui a les meilleures retraites en Europe ? (Christian Science Monitor)

 

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les-vaches-a-lait.jpg

 

Pour justifier la réforme des retraites, le gouvernement français pointe fréquemment en direction de nos voisins européens qui, eux aussi, sont en train de reculer l’âge de la retraite de leurs citoyens. L’idée est bien sûr de montrer que la France n’est pas la plus mal lotie quant à son système de retraites… voire qu’elle figure parmi les systèmes les plus avantageux, ce qui justifie un alignement vers le bas. Le site Christian Science Monitor (CSM) est donc allé voir qui, en Europe, avait les meilleures retraites. Toutes choses n’étant pas forcément égales par ailleurs, s’en dégage un “top 5″ dont — surprise — la France ne fait pas partie.

Numéro 5 : l’Islande

Le montant des retraites en Islande s’élève en moyenne à 96,5 % du salaire d’un Islandais. Les droits sont ouverts à 67 ans et après quarante ans de résidence sur l’île. Le paiement des retraites pèse à hauteur de 2 % du PIB du pays (en France, il pèse 12,4 %, note le CSM). Il faut toutefois noter que la crise financière dans laquelle est plongée l’île pourrait faire grandement baisser les pensions des Islandais.

Numéro 4 : le Luxembourg

Dans le Grand-Duché, un retraité touche en moyenne 98,1 % de son salaire lorsqu’il part à la retraite après quarante ans de cotisation, et ce dès l’âge de 60 (même si la plupart des Luxembourgeois ne prennent leur retraite qu’à 65 ans).

Numéro 3 : Le Danemark

Les Danois touchent en moyenne 98,7 % de leur revenu moyen. Ils peuvent prendre leur rertaite à partir de 65 ans, mais l’âge de départ devrait être progressivement élevé à 67 ans.

Numéro 2 :  les Pays-Bas

Les Néerlandais reçoivent 105,5 % de leur revenu moyen une fois qu’ils partent en retraite, à l’âge de 65 ans. Ils touchent souvent plus de leurs fonds de pension que ce qu’ils leur payaient chaque année. Le nouveau gouvernement veut reculer l’âge de départ à 66 ans.

Numéro 1 : la Grèce

Champions des retraites pour le CSM, les Grecs touchent 110,4 % de leur revenu moyen dès trente-sept ans de cotisation ou à l’âge de 65 ans… une situation qui cependant date de 2009 et qu’il va falloir sérieusement revoir après les coupes budgétaire d’après crises décidées par le gouvernement grec.

 


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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 17:19

Le Théâtre du Soleil, la Justice et les corbeaux

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Theatre-du-soleil.jpg

 

Désirs d'avenir Paris au côté du Théatre du Soleil
lors des manifestations contre la réforme des retraites
Photos: Christine Pichette

 

 

Le Monde - Article paru dans l'édition du 21.10.10  

La vedette de la manifestation parisienne, c'est elle, ce mardi 19 octobre : une grande marionnette blanche représentant la Justice, surplombant la foule du haut de son palanquin de bambou. Elle a été conçue par le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, qui, depuis le 23 septembre, est de toutes les manifestations contre la réforme des retraites.

L'histoire Le Théâtre du Soleil, la Justice et les corbeaux

Pour la charismatique animatrice du Soleil, comme pour ses comédiens, qui à chaque fois, selon les statuts démocratiques de la troupe, ont voté la grève à l'unanimité, être présents dans les cortèges était une évidence. "Parce que cette histoire de retraites permet à beaucoup de monde de dire non à une injustice de plus, de refuser l'arrogance, la surdité, la brutalité inacceptables de ce gouvernement", affirme une Mnouchkine qui, en chaussures de marche et gros pull polaire, dirige les opérations avec son énergie habituelle.

"Qu'une réforme aussi importante - je fais partie des gens qui pensent qu'elle est nécessaire - ait pu être menée ainsi, sans débat citoyen, sans véritable information, est bien à l'image du comportement insultant du président et du gouvernement, comme l'atteste le fait de laisser mener la pseudo-négociation par un homme, Eric Woerth, qui devrait être mis en examen", poursuit Ariane Mnouchkine, qui estime que "le sentiment d'injustice qui s'est abattu sur ce pays est porteur de violence".

"Un pays qui se réveille"

D'emblée, la directrice du Soleil et sa troupe ont estimé qu'il leur fallait manifester "avec les moyens du théâtre. Parce que c'est justement son rôle, d'incarner du sens, de donner une forme à des rituels qui peuvent être un peu fatigués". "Et puis nous voulions partager cette inquiétude à notre façon, en apportant de la joie, de l'émotion, de l'enthousiasme, et accompagner cette énergie d'un pays qui se réveille", précise-t-elle.

De manifestation en manifestation, le cortège du Soleil draine avec lui de plus en plus de monde, au milieu des banderoles qui claquent, recouvertes non de slogans mais de phrases d'écrivains célèbres : "Quand l'Ordre est injustice, le Désordre est déjà un Commencement de Justice" (Romain Rolland) ; "Les frelons ne sucent pas le sang des aigles/Mais pillent les ruches des abeilles" (Shakespeare) ; "On a de tout avec de l'argent, hormis des moeurs et des citoyens" (Jean-Jacques Rousseau). Et : "Elle est bientôt finie cette nuit du Fouquet's ?" (signé : Le Peuple).

Et puis il y a cette grande effigie qui survole la foule. Mnouchkine et son équipe ont sculpté sa tête d'après le tableau de Pierre-Paul Prud'hon La Justice et la Vengeance poursuivant le crime. Animée par des membres du Soleil au bout de longues tiges de bambou, la marionnette provoque tout au long du défilé une émotion palpable, surtout quand la troupe s'arrête pour jouer la scène, qui remporte un succès fou, de son attaque par de grands corbeaux noirs.

Fabienne Darge


 


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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 16:06

Jeunesse : merci de bien vouloir chômer, et en silence! ... par Camille Peugny pour alternatives-économiques.

  Ni bambin ni pantin

 

Les débats autour de la participation des lycéens et des étudiants à la mobilisation contre la réforme des retraites offrent un triste résumé de tous les poncifs qui s’accumulent à l’encontre de la jeunesse. Premier poncif, les jeunes seraient évidemment manipulés, par les syndicats et les partis politiques de gauche, mais pire encore, ils seraient « conditionnés », « endoctrinés » dès leur plus jeune âge, par des enseignants gauchistes leur insufflant le poison de la contestation : faut-il avoir quitté les bancs de l’école ou des amphithéâtres depuis longtemps pour oser proférer de telles inepties… Second poncif, la jeunesse des années 2000 serait d’une tristesse et d’un conformisme accablants, toute occupée à compter ses futurs trimestres de cotisation, à l’opposé des générations précédentes, généreuses, ouvertes sur un monde qu’elles rêvaient de changer. Est-ce si difficile de comprendre que la question des retraites ne se posait pas pour les générations nées après la guerre, tout simplement parce qu’elles étaient assurées d’en bénéficier ?

On en arrive au troisième poncif : mais pourquoi diable ces jeunes manifestent-ils contre une réforme qui sauve le système par répartition et qui précisément vise à leur garantir une retraite décente ? Pour le coup, il n’est pas nécessaire d’être jeune, mais seulement de savoir lire (par exemple le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites), pour comprendre que l’équilibre financier du système de retraite n’est absolument pas assuré par les seules mesures d’âge.

En réalité, tant que l’on en reste aux poncifs, le vrai débat, celui de l’insertion professionnelle et de l’emploi des jeunes, est occulté. Si les jeunes sont dans la rue aujourd’hui, c’est bien parce que leur situation sur le marché du travail est terriblement dégradée. Au second trimestre 2010, plus de 23% des actifs de moins de 25 ans étaient au chômage (25% des jeunes femmes et 22% des jeunes hommes). Et parmi les 15-29 ans en emploi, avant même l’explosion de la crise financière à l’automne 2008, 35% étaient des salariés précaires (CDD, intérim, contrats aidés). Après des études sensiblement plus longues que les générations précédentes, la durée de l’insertion sur le marché du travail s’allonge également jusqu’à la difficile obtention d’un contrat à durée indéterminée, en moyenne à plus de 28 ans. Dès lors, se mobiliser n’est pas un caprice ou un effet de mode mais une réponse à des injonctions contradictoires de la société : il faudra travailler plus longtemps, mais l’accès à un premier emploi stable et correctement rémunéré relève souvent du parcours du combattant. Même jeune, on sait faire des additions simples : si la période des études et la phase d’insertion sur le marché du travail ne sont pas d’une manière ou d’une autre prise en compte, l’âge effectif de la retraite sera repoussé bien au-delà des limites actuelles. La prise en compte des stages dans le calcul de la retraite relève d’un devoir minimal de la société envers sa jeunesse. Il faudrait en réalité aller bien au-delà, et trouver des mécanismes qui permettent de tenir compte de cette autre réalité démographique qu’est la poursuite d’études de plus en plus longues. Montrons-nous inventifs : pourquoi ne pas permettre à ceux qui font des études longues de « racheter » une partie de ces dernières, par exemple via une augmentation ponctuelle de leurs cotisations retraite à un moment de leur cycle de vie où ils le jugeraient le plus possible* (par exemple, au moment où leur position sur le marché du travail est la plus solide, quel que soit l’âge) ?

Une partie de la France a vraiment un problème avec sa jeunesse. Cette dernière est soit caricaturée comme une génération de bons à rien, vautrée sur des canapés à jouer à la console ou perdant ses journées à raconter sa vie sur les réseaux sociaux, soit dépeinte comme triste à pleurer à défendre son droit à la retraite, manipulée par des vieux marxistes malintentionnés. Pour certains, décidément, un bon jeune, c’est un jeune qui chôme, et en silence.

* On peut, pour le moment, racheter au plus douze trimestres, selon un barème très compliqué et surtout à un prix qui dissuade toute tentative. On estime à une fourchette allant de 1000€ à 6000€ le coût du rachat d’un trimestre, selon l’âge auquel intervient le rachat.

 

 

 

Par Camille Peugny.

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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 20:35

Quand les petits marquis de la pensée inique s'en prennent à la jeunesse

Nicolas Domenach - Marianne | Lundi 18 Octobre 2010 à 15:01

Les jeunes - tant redoutés par Nicolas Sarkozy - sont entrés dans la bataille des retraites. Du coup, nombre d'éditorialistes sont montés au créneau pour les discréditer: les lycéens n'ont aucune raison valable de contester, si ce n'est sécher les cours.


Marianne.jpg

La fièvre « djeune » égarerait-elle les esprits ? Voici que les grandes plumes ont la chair de poule et claquent des dents comme des mots. Dans le Figaro, le débloque-noteur Ivan Rioufol vitupère contre
« les lycéens embobinés », alors que dans les Echos le chroniqueur Eric le Boucher, dit « Faut que ça saigne », découpe en rondelles d’insignifiance ces élèves mal élevés qui « ignorent tout du texte
sur les réformes, manifestent pour manifester, pour louper les cours…
». Rien que des « enfants »… qui prétendent  «imposer la dictature des monômes à tous les gouvernements» selon Alexis Brézet,  l'éditorialiste de choc du Fig-Mag, version hebdomadaire de notre Pravda nationale.Voilà les petits marquis de la pensée inique au secours de ces ministres et dirigeants de l’UMP qui ritournellent leur disqualification des « chahuts d'adolescents », selon l'expression paternaliste de l'éditorialiste figaresque Yves Thréard. Mais ces « mômeries »  n'en sont plus, si « l'intelligence, la raison, le bon sens » leur venaient jusqu'à les pousser à défendre la réforme du pouvoir.


La secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade, l'a dit sans fards: les jeunes peuvent manifester, mais « en faveur de la réforme des retraites !... » Rama, ramons, ramez, mais uniquement dans le sens du gouvernement…

On notera d’ailleurs que dans ce carillon d’autoritarisme cynique, un son de cloche inhabituel s’est fait entendre : Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, en principe sur ces questions de société muet comme un coffre, et qui lui aussi a manifesté son incompréhension de toute contestation. Cette autorité pastorale de l’argent a appelé les « jeunes » à soutenir les reports du départ en retraite. Bref, quand ils sont contre ce sont des enfants qui méritent une fessée et doivent être consignés à la maison et quand ils sont pour ce sont des jeunes raisonnables qu’il faut féliciter…

Quel que soit l’avis qu’on puisse avoir sur cette fameuse réforme, ce qui est insupportable c’est la disqualification, la double délégitimation même de toute pensée contraire a fortiori lorsqu’elle est exprimée par des adolescents. D’abord « il n’y a pas le choix…on ne peut pas faire autrement… ». Vous avez entendu, subi cette assertion, dix, cent, mille fois depuis un an environ. Pourtant il y a toujours le choix, et nombre d’autres sociétés démocratiques ont procédé autrement. Mais il n’empêche qu’on vous martèle imperturbablement cette fausse évidence, cette imposture déguisée en leçon de savoir : « tout cela est inéluctable ». Et le peuple dan son immense majorité, -serait-il obtus, têtu, inconscient ?- s’obstine à dire non à ses élites et à refuser le menu unique et inégalitaire imposé. Le miracle est qu’il exprime son refus aussi calmement, avec aussi peu de violence, alors que le pouvoir prétend l’écouter, mais qu’il n’entend rien. On songe à Jacques Chirac qui répétait cet avertissement à ses premiers ministres : « il ne faut jamais acculer un chat, ni un homme, ni un peuple dans un coin, sinon il griffe, il mord… »

Plus intolérable encore est cette volonté d’exclusion morgueuse du débat, cette arrogance élitiste de ces excellences, ministérielles et éditorialistes, qui prétendent faire le bonheur des jeunes - « c’est dans votre intérêt » - mais refusent que les jeunes aient leurs mots à dire. De toutes façons, ils sont sots, ne savent pas lire, ou n’en prennent pas le temps, et sont manipulés. S’ils étaient si manipulables que cela, pourquoi ne sont-ils pas « embobinés » par les plus intelligents, c’est à dire nos éditorialistes modernistes qui règnent en maîtres dans l’écrasante majorité des médias. Si seulement ils avaient l’humilité - Dieu du ciel….- de reconnaitre à l’autre, eut-il quelques printemps de moins, le droit à la différence, à la pensée individuelle, à l’autonomie. Ils ne réfutent pas des arguments, ils dénient la possibilité d’en avoir, puisqu’on leur presserait du lait et il en sortirait du coca cola. Sauf que la confrontation démocratique commence par reconnaître à l’autre, à fortiori s’il est moins gradé, le droit à l’expression d’observations, de réflexions fussent-elles moins articulées que celles de Messieurs je sais tout, mais je n’ai jamais vu, entre autres, venir la crise…

Ils devraient pourtant se féliciter de ces manifestations de solidarité intergénérationelle, tous ces censeurs qui ont fustigé cette « jeunesse égoïste ». Ils pourraient se réjouir qu’elle sorte d’elle même pour prendre en compte et en charge les problèmes de la société, alors qu’ils lui reprochaient vertement d’avoir la tête dans internet ou dans l’alcool des apéros facebook.. Ça ne veut pas dire qu’il faille dire amen aux simples bourgeonnements intellectuels. Un gazouillis lycéen ne fait pas le Printemps ! Ça signifie simplement qu’une société est adulte quand elle prend ses adolescents au sérieux, que ça la grandit de les aider à grandir, et qu’elle se « rapetit » en s’obstinant à les voir tout petits, petits, petits…
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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 22:32

La vérité sur la réforme des retraites

 

 

Désirs d'avenir Retraites

Manifestation du 16 Octobre 2010

Photo: Christine Pichette pour Désirs d'avenir Paris

 


En septembre Ségolène Royal dénoncait les banques et les assureurs privés qui attendent le magot des retraites:

 


envoyé par franceinter.

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Retraites, Royal résolue: cliquez ici

 

 

Et maintenant, on apprend que le frère du président Sarkozy vise le pactole du marché de la retraite complémentaire:

  
 
 

Samedi 16 octobre 2010 à 21:34

Source: cliquez ici


« Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... » Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.

Nicolas Sarkozy veut-il vraiment de sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle. Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation au détriment de l’actuel système par répartition. Du sur mesure pour les banques et sociétés d’assurance, en particulier Malakoff Médéric qui n’existe que depuis 2008 et est devenu dès sa création le premier groupe paritaire de protection sociale en France, avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Ce groupe dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’État, a le vent en poupe et a misé gros sur l’adoption de la réforme des retraites. Car il a récemment créé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances), premier assureur de personnes en France avec un chiffre d’affaires de 31,5 milliards d’euros en 2007, une société d’assurance du nom de Sevriena dont le destin programmé consiste à développer massivement la retraite par capitalisation. Cette société a déjà prévu une forte croissance de ses résultats : un document confidentiel estime le potentiel de création de valeur de cette entreprise à 634 millions d’euros dans 10 ans et à 1,2 milliards dans 20 ans.

Peu de citoyens en seront informés : les principales banques et sociétés d’assurance guettent avec impatience l’adoption définitive du projet de réforme des retraites, notamment parce qu’il contient un dispositif que Nicolas Sarkozy et le gouvernement se gardent bien d’ébruiter. En effet, si l’on examine attentivement le texte de la réforme, les préoccupations réelles de Nicolas Sarkozy sont très éloignées du sauvetage de l’actuel système de retraite. Les dernières pages du projet de réforme des retraites adoptés le 15 septembre à l’Assemblée nationale contiennent un « titre V » entièrement consacré à la retraite par capitalisation, comme nous l’écrivions dans Politis (numéro du jeudi 23 septembre 2010).

Certes, ce n’est pas le cœur de la réforme, mais cette partie du projet de loi, nommée : « Mesures relatives à l’épargne retraite », décline une série de mesures dans un article 32 de cinq pages, qui va profondément modifier la réglementation de la retraite par capitalisation, jurent les spécialistes de l’épargne retraite. Pour les assureurs et les banques, un grand pas est désormais franchi : cet article 32 permettra de dynamiter le système de retraite par répartition, un souhait depuis longtemps exprimé par le groupe mutualiste Malakoff Médéric du frère de Nicolas Sarkozy.

Pendant la procédure parlementaire accélérée, qui a débuté en juin 2010 par l’audition d’Eric Woerth à l’Assemblée nationale, dans un parfait timing, Malakoff Médéric a lancé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP) une nouvelle société d’assurance du nom de Sevriena. « Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l’occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l’Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile », a rappelé récemment Médiapart (ici). En clair, la réforme est un formidable outil qui conduira à « l’asphyxie financière des grands régimes par répartition » et sera donc « propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près ».

D’ores et déjà sur les rangs, le groupe Malakoff Médéric a pris une longueur d’avance. Réunie à Paris le lundi 21 juin 2010, écrit Emmanuel Cogos, directeur adjoint du développement de l’agence de presse AEF, qui traite quotidiennement des questions de Protection sociale, de Ressources humaines (ici), « l’association sommitale du groupe de retraite et de prévoyance Malakoff Médéric a donné son feu vert à la réalisation du « projet M », nom de code du projet d’épargne retraite que prépare ce groupe, dirigé par Guillaume Sarkozy, avec la CNP, filiale de la Caisse des dépôts ».

Selon l’Agefi, agence économique et financière, le conseil d’administration de l’assureur coté « a approuvé les modalités de création de cette coentreprise, baptisée Sevriena » et le « démarrage opérationnel de Sevriena, qui héritera des portefeuilles de ses deux maisons mères, est prévu pour janvier 2011 » (ici) L’affaire est désormais bien engagée.

L’autorité de la concurrence a officiellement enregistré le 18 juin 2010 l’opération de concentration en cours entre le Groupe Malakoff Médéric et le groupe CNP. Le document fourni par les parties indique que les deux groupes envisagent la création d’une société commune dont les activités seront « la création, la gestion, la distribution de produits de retraite complémentaire par capitalisation, à titre collectif ou individuel, principalement à destination des entreprises et de leurs salariés, des associations et de leurs adhérents, des travailleurs non salariés et des retraites ; la création, la gestion et la distribution de produits d’épargne salariale à destination des entreprises et des salariés des entreprises ainsi que la tenue de compte et conservation ; et, à titre accessoire, la distribution de services liés à la retraite ».

Le document officiel du Bulletin des annonces obligatoires (Balo) daté du 23 juin 2010 a formalisé les opérations de capitalisation de Sevriena, qui se sont achevées fin juillet 2010. Et l’on apprend de source syndicale que Guillaume Sarkozy devrait en occuper le poste de président du conseil de surveillance.

Notons ici la simultanéité des événements : la mise en place de la future société d’assurance, qui proposera ses produits de retraite par capitalisation en 2011, se fait dans la période pendant laquelle le gouvernement lance son projet de réforme des retraites. En fait, dès 2008. La caisse des dépôts et consignations (CDC), l’assureur public CNP et le groupe de protection sociale mutualiste Médéric veulent créer une filiale commune spécialisée dans le financement des retraites. Leur idée est de compenser l’érosion des taux de remplacement, c’est-à-dire du niveau des pensions versées par les régimes obligatoires, en proposant des solutions de retraite complémentaires aux salariés cadres et non-cadres.

Médéric compte profiter de l’expérience de la CNP, un partenaire de premier plan d’entreprises de toutes tailles pour les retraites complémentaires. La CNP assure notamment la gestion des régimes Préfon (fonds de pension destiné aux agents de la fonction publique) et Fonpel (fonds de pension destiné aux élus locaux). Et la joint venture Sevriena promet de belles perspectives avec la réforme des retraites.

Un document confidentiel daté de mars 2009, intitulé : « Projet de regroupement des activités d’épargne retraite et d’épargne salariale de CNP assurance, de Malakoff Médéric et de Quatrem »

Document CNP-Médéricsouligne qu’à l’horizon 2020, « une baisse du taux de remplacement de l’ordre de 8 % est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière ». Le document note ainsi que « Pour les salariés qui auront subi des « trous » de carrière et pour les générations qui prendront leur retraite après 2020, la baisse du taux de remplacement sera plus forte » et a estimé le montant potentiel de collecte d’épargne retraite « qui est nécessaire pour financer le maintien du niveau de vie des futurs retraités » en 2020.

Ainsi un juteux gâteau est convoité, « compris entre 40 milliards d’euros et 110 milliards d’euros, suivant les hypothèses de comportement des individus ». Ce document de 2009 exprime aussi « la nécessité de développer une nouvelle offre d’épargne retraite » qui a quelques similitudes avec l’actuelle réforme. Rien n’a donc été laissé au hasard.

L’émergence prochaine de Sevriena montre que Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont loin d’avoir tourné la page de la capitalisation. Ainsi, le document confidentiel de 2009 révèle que « la structure née d’un partenariat équilibré entre la CDC, CNP Assurances et le Groupe MM [Médéric] aura une action décisive dans la prise de conscience du marché et une contribution majeure au financement des besoins de retraite des salariés, cadres et non cadres. En dix ans, elle s’imposera comme le leader des solutions d’épargne retraite collective et individuelle avec une part de marché de plus de 17% en retraite collective et 4% en retraite individuelle ».

La réforme Sarkozy vise justement à renforcer l’épargne retraite créée par la réforme Fillon de 2003. Elle répond aussi à une demande expresse du Medef qui, en mai, avait rencontré le ministre du Travail, Eric Woerth. Laurence Parisot, présidente du Medef, avait alors réclamé « un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation ». Avant sa rencontre avec le ministre, la patronne du Medef avait vanté les « vertus » de la capitalisation, qui « crée des richesses et n’en ponctionne pas », et estimé que, « sur le long terme, l’évolution des marchés est toujours gagnante ». On comprend désormais pourquoi le Medef, dont Guillaume Sarkozy a été un temps son vice-président, trouve tant de vertu à la capitalisation. Les discussions autour du projet de loi les incitent à aller vite.

Le vœu de l’administratrice de la BNP Paribas, une des banques très favorables à la retraite par capitalisation, a été exaucé haut la main par les députés UMP proches des banques et des assureurs. Les amendements déposés par Xavier Bertrand, Arnaud Robinet et surtout par le très libéral Yannick Paternotte, secrétaire général des réformateurs, ont servi de base au texte adopté par l’Assemblée nationale.

Xavier Paternotte a présenté pas moins de 15 amendements relatifs à l’épargne retraite, et en a cosigné pas moins de 90 autres avec ses collègues. Et en fervent promoteur du « second pilier de la capitalisation », le député a réussi son coup en obtenant, en juillet 2010, le feu vert de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et la bénédiction des assureurs.

La logique du texte adopté est claire : « Nous voulons inscrire l’épargne retraite comme un appui [à la retraite par répartition] et non comme un tabou », a plaidé Arnaud Robinet. Ainsi, le projet de réforme des retraites prévoit que la moitié des sommes perçues par un salarié au titre de la participation aux résultats de l’entreprise sera, sauf avis contraire dudit salarié, obligatoirement versée sur le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco).

Les députés UMP ont étendu cette mesure à d’autres formes de capitalisation qui bénéficient d’avantages fiscaux : le plan d’épargne retraite d’entreprise (Pere) et le plan d’épargne retraite populaire (Perp). Enfin, pour renforcer l’attractivité de la retraite par capitalisation, l’homme lige de Nicolas Sarkozy, secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, est coauteur d’une mesure qui permet une sortie en capital, certes limitée à 20 %, lors du départ en retraite.

Xavier Paternotte n’hésite pas à reprendre à son compte les arguments du Medef pour expliquer ce volet de la réforme des retraites : « Relancer l’épargne retraite constitue une urgence sociale et un gage de compétitivité du tissu économique, favorable à l’emploi de demain ». C’est oublier le caractère très inégalitaire et la logique de ces fonds d’épargne retraite qui cherchent à maximiser les rendements et prennent des risques sur les marchés financiers. La crise a par ailleurs infligé un cinglant démenti à ceux qui juraient que le rendement du système par capitalisation était supérieur à celui du système par répartition.

Mais peu importe. Le recul de la retraite par répartition depuis les premières grandes réformes, qui ont commencé dans les années 1990 (voir l’encadré ci-dessous), s’est accompagné de la mise en place progressive des fonds de pension « à la française » qui sont un enjeu de taille pour les compagnies d’assurance et le capital financier. Laisser un champ de plusieurs centaines de milliards hors des marchés financiers leur est insupportable. Sevriena se chargera de récupérer cette manne.

(1) Dans un système de retraite « par répartition », on prélève des cotisations sociales qui sont immédiatement reversées aux retraités. Dans un système de retraite « par capitalisation », l’épargne individuelle est placée dans des institutions financières (fonds de pension, compagnies d’assurances…). En France, les fonds de pension ont pris le nom d’ « épargne retraite », sans doute pour ne pas effrayer les salariés trop bien informés.

 

 

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par Désirs d'avenir Paris

 

 

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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 20:14

Ils soutiennent l’idée d’un référendum sur la réforme des retraites

 

Referendum-Theatre-du-Soleil.jpg

La banderole du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine

(manifestation "Retraites" à Paris le 12 octobre 2010)

Photo: Christine Pichette

 

 

 

Royal

"Moi, je veux un vrai référendum! Le référendum d'initiative populaire prévu par la réforme constitutionnelle du 21 juillet 2008 peut être utilisé à la demande d'un cinquième du Parlement et d'un dixième des électeurs inscrits, soit à peu près 4 millions et demi de citoyens qui peuvent venir pétitionner sur internet pour exiger du pouvoir un référendum".

"Si au cours du débat parlementaire, cette droite arrive à faire voter une régression sociale aussi grave que la remise en cause de la retraite à 60 ans, moi je demande aux parlementaires de se mobiliser".

 

"Nicolas Sarkozy ne veut pas toucher à ceux qui sont protégés, il ne veut pas toucher au secteur du capital, il ne veut pas toucher aux produits financiers, sinon ça serait déjà fait. Il ne veut pas toucher à ces gens qui l'ont soutenu pendant la campagne présidentielle et qui s'apprêtent à nouveau à le soutenir parce qu'il est déjà en campagne présidentielle".    Ségolène Royal

 

Pour signer la Pétition Retraites pour un Référendum d'initiative Populaire: cliquez ici

 

 

 

 

Arnaud Montebourg 1 « Puisqu'on a un gouvernement qui utilise les statistiques de la police pour minimiser la force du mouvement [...], je propose qu'il soumette son projet au référendum et là ce sera un vrai comptage! On comptera les voix, on verra qui est pour et qui est contre »

Arnaud Montebourg, le 3 octobre 2010

 

 

 

 

 

 

 

« Je souhaite la tenue d'un référendum sur la réforme des retraites […] La France va au blocage, il faut une proposition de sortie par le haut » Jean-Luc-Melechon-1.jpg

Jean-Luc Mélenchon, le 23 septembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Pierre-Bel.jpg « La réforme des retraites mérite un débat, un vrai débat, un grand débat national au terme duquel les Français doivent pouvoir s'exprimer. […] Le dialogue social n'a pas eu lieu. La réforme a été conçue dans l'opacité des cabinets ministériels et entre conseillers de l'Elysée. Vous avez escamoté le débat parlementaire »

Jean-Pierre Bel, Président du groupe socialiste au Sénat, dans le cadre du débat sur la motion référendaire déposée le 6 octobre, par des sénateurs des groupes socialiste, CRC-SPG et RDSE.

 

 


par Vincent Jechoux pour Désirs d'avenir Paris

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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 19:46

Passe d’arme au Sénat sur le lycéen de 16 ans blessé par un tir de flash-ball

dominique-voynet.jpg


Public Sénat
François Vignal
Le 14.10.2010 à 17:12

Un lycéen de Montreuil, mobilisé sur les retraites, a été blessé par la police. Dominique Voynet, balle de flash-ball à la main, prend à partie Eric Woerth : « Que vaut un pouvoir politique quand il en est réduit à tirer sur ses enfants ? » Réponse du ministre : « Vous devriez vous calmer »…

Affrontements, tirs de flash-ball, établissements bloqués… La mobilisation des lycéens contre la réforme des retraites tourne au vinaigre. Plusieurs affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont été recensés ce jeudi, notamment en Seine-Saint-Denis, dans le Val d'Oise, le Val-de-Marne, en Savoie ou à Lens. A Montreuil, près de Paris, un jeune de 16 ans a été blessé au visage par un tir de flash-ball de CRS.

Résultat : une passe d’arme au Sénat entre la gauche et Eric Woerth (à voir dans la vidéo). La sénatrice-maire de Montreuil, Dominique Voynet, monte au créneau et interpelle en séance le ministre du Travail.

« Enfant de 16 ans avec trois fractures sur le visage »

« Ce matin, pour la troisième fois en un an, alors que des lycéens bloquaient l’entrée de leur lycée avec des poubelles – ce n’est pas bien, j’en conviens – une intervention policière a eu lieu (…). Lacrymogènes, fumigènes et puis en toute incompréhension, des tirs de flash-ball, et un enfant blessé, encore au visage, ce matin. Un enfant de 16 ans, avec trois fractures sur le visage », dénonce la sénatrice des Verts.

Elle continue, solennelle : « Alors j’ai bien compris que vous cherchiez à faire porter sur la gauche la responsabilité de troubles que votre aveuglement et votre surdité seule, expliquent. J’ai bien compris que vous étiez en difficulté face à la rue et à la légitimité démocratique des manifestations. M. le ministre on pourrait tomber d’accord sur le fait que c’est d’abord aux adultes de lutter pour leur retraites (…) ».

Puis, une balle de flash-ball à la main, elle lance : « Je vous pose la question en vous montrant la balle reçue par ce jeune de 16 ans. Le pouvoir est-il à ce point fébrile, qu’il en soit réduit à ce genre de provocation ? Que vaut donc un pouvoir politique et quelle est sa légitimité, quand il en est réduit à tirer sur ses enfants ? »

« On peut mettre des tartes (à la jeunesse) mais on ne peut pas écouter ce qu’elle a dans la tête ! »

Le sénateur PS de Paris, David Assouline, vient soutenir Dominique Voynet. « Il ne faut pas justifier des dérapages», lance-t-il d’abord, dénonçant de la « provocation ». Puis il attaque à son tour : « Vous ne pouvez pas dire qu’à 16 ans on est immature pour pouvoir manifester (…) mais penser qu’on est suffisamment solide et mature pour prendre des flash-ball dans le visage. C’est une considération que vous avez de la jeunesse : on peut lui mettre des tartes mais on ne peut pas écouter ce qu’elle a dans la tête ! »

Applaudissement sur les bancs de la gauche. Au ministre de répondre : « Vous dévoyez ce débat. On ne tombera pas dans ce panneau. » Eric Woerth fait alors la leçon : « Vous êtes d’une violence et d’une agressivité comme j’ai rarement vu. Alors vous devriez vous calmer ».

Peine perdue. Le socialiste Alain Anziani demande « un peu de modestie (à) M. Woerth ». « Vous ne respectez pas les jeunes et les  considérez comme des imbéciles »… Plus de 20 minutes après le début de la séance, l’examen des amendements sur la réforme des retraites peut reprendre. Il en reste près de 800…

 
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