Partager l'article ! Journalistes «gravement insultés»: Royal demande une «sanction» contre Sarkozy: La socialiste critique avec virulence le «off» du Préside ...
Sources sous surveillance dans l’affaire Bettencourt, ordinateurs de journalistes dérobés, verrous autour de l’affaire Karachi, nominations dans l’audiovisuel public et autres plaintes du pouvoir et de la majorité contre les médias: comme à son habitude, Ségolène Royal s’emploie à capter les thèmes du moment. Ce mardi soir, la liberté de la presse était donc au menu de la présidente (PS) de Poitou-Charentes et de son association politique, Désirs d’avenir.
Et c’est au canon que Royal a conclu l’université participative. Des relations tourmentées entre la presse et le camp sarkozyste, c’est le dernier épisode que la socialiste choisit d’attaquer avec la plus grande virulence : le «off» au cours duquel le chef de l’Etat, voulant démontrer par l’absurde sa bonne foi dans l’affaire Karachi, évoque la pédophilie imaginaire d’un journaliste. «Infâmes injures», «insultes inadmissibles», «inacceptable pour la dignité de la fonction de président de la République», «il a insulté gravement les citoyens, maintenant il insulte gravement les journalistes», balance-t-elle consternée, à l’issue du débat. Du coup, Royal exige de voir Nicolas Sarkozy sanctionné, feignant d'ignorer l'immunité présidentielle dont il bénéficie: «Cela s’appelle une injure publique et mérite une punition, la loi doit être la même pour tous.»
Et l’ex-candidate de tenir à son rival de 2007 une leçon de stature présidentielle, façon débat d’entre-deux tours: «Un président de la République doit savoir tenir ses nerfs, retenir sa parole, retenir sa colère injuste, et doit savoir garder son sang froid.» Là, Royal pousse plus loin sur les raisons de la nervosité de Sarkozy interrogé sur le dossier Karachi. «Si les journalistes font des investigations sur la gravissime affaire de l’attentat de Karachi, ils ne font que leur travail. (…) S’il perd son sang froid au point d’insulter gravement un citoyen qui ne fait que son travail, c’est qu’il a peut-être quelque chose à se reprocher», suggère-t-elle, réclamant la tenue des engagements pris par Sarkozy sur la transmission de documents demandés par la justice.
Plus généralement sur ce dossier, elle dénonce «une chape de plomb» et un «secret défense utilisé pour camoufler l’inacceptable».
Evoquant aussi les cambriolages dans plusieurs rédactions – Le Monde, Mediapart, Le Point, Rue 89 -, Royal n’accuse pas l’exécutif mais pencherait plutôt pour «des officines qui pensent pouvoir faire plaisir au pouvoir» politique ou économique. Rappelant que son propre domicile a déjà été cambriolé, elle invoque «des méthodes d’intimidation, pour faire peur, pour faire taire».
Se voulant, au contraire, protectrice et compréhensive quant au «malaise des journalistes», Royal a, par ailleurs, pris la défense d’Audrey Pulvar privée d’antenne sur I-télé pour cause de candidature à la primaire de son compagnon, Arnaud Montebourg. «Je suis particulièrement choquée de la façon dont Audrey Pulvar a été débarquée.» La présentatrice «m'a expliqué qu'elle avait pourtant informé la direction de sa chaîne trois semaines avant la déclaration de qui l'on sait et qu'elle a appris son débarquement dix minutes après le 20 heures», raconte la socialiste.
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