Partager l'article ! 2012 - Ségolène Royal prend son "bâton de pèlerin": Par Charlotte Chaffanjon (Le Point) ...
Par Charlotte Chaffanjon (Le Point)
Ségolène Royal, présidente de Poitou-Charentes, est prête à sacrifier ses ambitions pour 2012.... Sauf si elle est la mieux placée pour représenter le PS face à la droite
"Université populaire participative, puis fête champêtre solidaire du Littoral à Rochefort
(Charente-Maritime)". L'intitulé du programme de la journée du dimanche 4 juillet ne laisse aucun doute sur qui l'organise. Ségolène Royal, qui avait basé sa campagne présidentielle en 2007 sur la démocratie
participative, est bel et bien de retour après s'être faite plutôt discrète cette année. Sur son site flambant neuf, pensé et
réalisé par une équipe de bénévoles membres de Désirs d'avenir - et qui devait faire oublier l'échec retentissant de la dernière version mise en ligne en septembre 2009
- elle convie, fidèle à elle-même, les adhérents de son association à apporter "de la chaleur humaine" aux
sinistrés de la tempête
Xynthia.
Un come-back paradoxalement amorcé par l'annonce d'une... mise en retrait. Sur France 5, le 31 mai, elle crée la
surprise en assurant être prête à "faire le sacrifice d'une ambition personnelle" dans la perspective de 2012. Elle pourrait renoncer à être la représentante du PS à la prochaine
présidentielle et intégrer un "dispositif gagnant" avec la première secrétaire du PS Martine Aubry et le président du FMI Dominique Strauss-Kahn. C'est celui qui sera le mieux placé pour
l'emporter face à Nicolas Sarkozy qui sera le candidat. Pas forcément elle, donc... Pas forcément un autre non plus. Il ne faut jamais oublier que Ségolène Royal avait stratégiquement mis sa candidature au poste de première secrétaire du PS en 2008 au "frigo" avant de la ressortir quelques semaines plus tard. "Aujourd'hui, elle n'a renoncé à rien", nous confirme son porte-parole, le
député-maire de Laval Guillaume Garot.
"Si les primaires sont truquées, j'irai"
D'ailleurs, entend-on Ségolène Royal glisser çà et là qu'elle pourrait bien évidemment l'emporter dans le cadre d'une
primaire ouverte à gauche. "Même avec les deux autres (Aubry et DSK, NDLR), je ne suis pas la plus mal placée pour gagner. Je peux entraîner une dynamique derrière moi, parce que je sens les
gens, le pays", confie-t-elle la semaine dernière au Point (édition du 24 juin 2010) dans un TGV en provenance de Poitiers, son fief, son laboratoire expérimental. Là où, présidente de la région Poitou-Charentes en campagne pour sa réélection - qui fut triomphale - en mars dernier, elle a monté une liste arc-en-ciel, composée de syndicalistes, d'écolos, de centristes, à l'image de ce qu'elle souhaite bâtir à l'échelle nationale pour
battre Nicolas Sarkozy.
Non, Ségolène Royal ne renonce à rien. Elle s'assagit. Encore que... "Si les primaires sont truquées, j'irai. Rien que pour l'honneur, j'irai", dit-elle encore, provocante, au Point. Elle ne rentre donc pas dans le rang, simplement, elle accepte désormais le dialogue. "Ségolène Royal prend son bâton de pèlerin", lâche Guillaume Garot pour définir la séquence qui s'ouvre. Celle qui fit campagne en dehors du PS en 2007, parle désormais avec Martine Aubry - la voit même ! Un "dialogue simple, régulier", dixit Garot, avec son historique rivale en interne, face à qui elle s'inclina dans de troubles circonstances lors du congrès de Reims en novembre 2008. Ce n'est pas pour autant que Royal a tenu Aubry au courant de sa sortie sur "le dispositif gagnant". Le staff de la maire de Lille a découvert le concept à la télé... "Elle s'est invitée, pourquoi pas ?" sourit-on alors à la direction du PS. Garot réfute : "Ce dispositif gagnant, c'est une proposition, il ne s'agissait pas d'annoncer un pacte." Rien n'est fait... Elle ne sera d'ailleurs pas présente à la convention nationale consacrée à la rénovation que le PS organise samedi, au Carrousel du Louvre. Ségolène reste Royal.
"La communication est établie" avec DSK
Les signes d'ouverture sont ailleurs. En plus de Martine Aubry, Ségolène Royal, munie donc de son bâton de pèlerin, cherche à contacter Dominique Strauss-Kahn. "La communication est établie", dit simplement Guillaume Garot. Car, lorsque Royal s'est rendue à New York en tant que représentante du PS au conseil de l'Internationale socialiste le 21 juin, la rencontre qu'elle souhaitait avec DSK n'a pas eu lieu, ce dernier étant alors en Europe pour régler le sort de la crise, de la Grèce à l'Espagne.
À la tribune new-yorkaise, Royal s'est exprimée sur la régulation de l'économie. "J'ai été frappé de l'accueil des membres de l'Internationale socialiste", nous dit Guillaume Garot. "Lorsqu'elle s'exprime face aux représentants de tous les pays, il y a un vrai intérêt", assure-t-il. Un intérêt qu'il faudra étendre de New York à Paris. Car Ségolène Royal n'est pas en forme dans les sondages, tandis que Martine Aubry se refait une santé sur fond de lutte contre la réforme des retraites. Dans notre baromètre Ipsos-Le Point du mois de juin, la maire de Lille fait son entrée dans le top 5, dominé par DSK. Martine Aubry gagne six places dans le classement (avec 49 % d'opinion favorable, pour 46 % en mai). Ségolène Royal pointe à la 23e place, stagnant par rapport au mois de mai à 32 % d'opinion favorable.
Mardi soir, elle est l'invitée du 20 heures de TF1 pour parler des retraites. Et sans doute réaffirmer sa proposition d'organiser un référendum d'initiative populaire sur le sujet. Une idée qui lui est très chère. Au JDD, fin mai, François Lamy, le bras droit de Martine Aubry, confiait "ne pas être fan" de l'idée, mais "pourquoi pas". Les choses avancent.
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