Rechercher

Désirs d'avenir National

 

 

logo-DA-.png

fb.jpg

 

flickr.jpg

 

daily.jpg

 

twit.jpg

 

 


Le dossier "Retraites" de DA Paris

Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 23:01

 

Ariane-et-Dominique.jpg

Ariane Mnouchkine et Dominique Bertinotti lors de la manifestation

contre la réforme des retraites du 23 Septembre 2010

Photo: Christine pichette

 

lemonde fr grd

Il est de plus en plus rare qu’une manifestation suscite sur son passage émerveillement, joie et applaudissements. Ce mardi 12 octobre, jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, le cortège parisien brandissait à sa tête (juste derrière les représentants de la CFDT) une surprise aussi somptueuse que symbolique, qui fut applaudie de tous : une marionnette haute de trois mètres, toute de blanc vêtue, armée d’un glaive et d’une balance. Cette allégorie de la Justice, conçue et fabriquée hier au Théâtre du Soleil, donnait au cortège l’allure d’un célèbre tableau…


115.1286896633.JPG

 

Pour préparer un digne accueil aux milliers de manifestants, Ariane Mnouchkine, mère fondatrice du Théâtre du soleil, avait donné rendez-vous, à midi, au Théâtre de l’Odéon (Paris 6ème). Les comédiens, musiciens et techniciens de sa troupe, ainsi que leurs plus proches compagnons, comme l’écrivain Hélène Cixous, le comédien Georges Bigot, ou encore de nombreux spectateurs fidèles, avaient répondu présents, avec leurs instruments de musique, leurs banderoles poétiques… Et la fameuse marionnette géante.
“La retraite, on sait bien qu’elle est foutue pour nous, puisque nos carrières, dites ‘incomplètes’, ne nous permettent jamais de cotiser suffisamment pour avoir une retraite décente. Mais ce n’est pas une raison pour se résigner ! “, expliquait un réalisateur sonore, chargé de porter en drapeau cette citation de Pascal:”la force sans la justice est tyrannique”.

“Cette soit-disant réforme que tous les français ressentent comme un régression est bête et inefficace: on sait bien que dans dix ans, elle sera déjà caduque. Il faut une réforme, tout le monde est d’accord là dessus, et des sacrifices sont nécessaires. Mais ça suffit de toujours sacrifier les mêmes. Y’en a marre des injustices et de l’arrogance!” tonnait Ariane Mnouchkine entre deux consignes pour orchestrer le départ.


119.1286897405.JPG

 

“Les banderoles, les musiciens et la sono partent les premiers vers la rue de Rennes. La Justice fera son entrée un peu plus tard, pour arriver comme une surprise. N’oubliez pas de chercher des relais parmi les manifestants qui nous rejoindront: on a quatorze porteurs et il nous en faut vingt-six pour tenir jusqu’au bout! C’est parti : d’abord les drapeaux sur la justice, ensuite les Shakespeare”.
Les “Shakespeare”, c’était par exemple cet extrait incroyablement actuel de Macbeth: “A présent des révoltes incessantes lui reprochent ses parjures. Ceux qu’il commande n’agissent que sur commande. Rien par amour. Maintenant, il sent son titre qui pend flasque sur lui. Comme la robe d’un géant sur un faussaire nain”.
Ou encore cette autre citation de circonstance: “les frelons ne sucent pas le sang des aigles mais pillent les ruches des abeilles”…
Voir la “Justice” géante qui déambulait dans les rues du 6ème arrondissement, ce fut un spectacle à part entière. Passants et militants disaient tantôt “bravo”, tantôt “merci” en voyant la marionnette flotter au-dessus des autobus près de la place Saint-Sulpice.


133.1286896813.JPG


Rue de Rennes, où se posta la petite centaine d’artistes et amis du Théâtre du Soleil, plusieurs autres groupes attendaient les manifestants : Lutte Ouvrière et, un peu plus bas, le PS. Vers 14h, la marionnette et la troupe du Soleil se mirent à défiler entre deux cortèges syndicaux, et l’exclamation fut générale lorsque La Justice joua sa scène place Saint-Germain des près: attaquée par des corbeaux (de papier), elle commença à se débattre dans une danse fascinante, sur une musique dramatique.
“Oh la vache que c’est beau”, s’exclama une jeune femme qui tenait une des banderoles du PS. “La symbolique est parfaitement efficace”, lança une jeune avocate à ses côté. Même dans les rangs très sérieux de la CFDT, les jeunes militants applaudissaient : “c’est le théâtre du soleil, je crois! c’est magnifique. Et c’est super d’apporter un peu d’innovation dans le mouvement.”

Peu à peu, enseignants et “indépendants” en tous genres sont venus grossir les rangs du Soleil.


149.1286897037.JPG

 

“Je me reconnais dans le parti du théâtre bien plus que dans tout autre parti, confia une sexagénaire toute légère et souriante. Car quand il est bien fait, le théâtre est ce qui implique l’engagement le plus profond de l’individu, qu’on soit acteur ou spectateur”.
L’intervention de Mnouchkine témoigne en tout cas d’une foi profonde dans l’efficacité politique du théâtre. “Le rôle des artistes, c’est d’apporter un peu de forme, d’images et de rythme au mouvement. C’est pour cela que nous nous mettons au service de la manifestation”, justifie tout simplement la metteur en scène.

 


Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 22:37
Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 19:37

manifestation-paris-1.jpg

NouvelObs.com

Les commentaires de la presse, mardi 12 octobre, sur la journée d'action contre la réforme des retraites.

 

LIBERATION

(Laurent Joffrin)

 "En période de crise, le sentiment d'injustice joue toujours un rôle décisif. Chacun peut comprendre que des sacrifices sont nécessaires. Il est beaucoup plus difficile de faire admettre qu'ils seront inégalement répartis. Le gouvernement a beau disposer d'un argumentaire très affûté, il n'a pas réussi à convaincre l'opinion de l'équité de sa réforme. (...) C'est la raison pour laquelle ceux qui souhaitent une radicalisation du mouvement rencontrent un certain écho sur le terrain. Mais ceux-là doivent prendre en compte l'autre aspect de cet affrontement social: la majorité des Français, de toute évidence, juge qu'on ne peut pas rester en l'état et qu'une réforme, celle-ci ou une autre, est nécessaire. On ne peut pas compter sur une simple augmentation d'impôts pour ramener l'assurance vieillesse à l'équilibre, d'autant que les recettes fiscales nouvelles devront financer bien d'autres choses, à commencer par le déficit de l'Etat. En un mot, le gouvernement doit comprendre que des concessions sont nécessaires ; mais les directions syndicales, au sommet et dans les entreprises, savent aussi qu'elles ne peuvent pas se transformer en marchandes d'illusions."

 

L'HUMANITE

(Patrick Apel-Muller)

 "Il est des phrases qui finissent par brûler la langue de qui les a prononcées. Le président de la République avait fait de sa contre-réforme des retraites, l'incarnation de son quinquennat, et de l'inflexibilité sa marque de fabrique. Il est en échec sur toute la ligne. Il a perdu la bataille de l'opinion. Ses lieutenants ont eu beau décliner les éléments de langage peaufiné pendant des mois par des fils de pub de haut vol, les grands médias susurrer que la bataille était perdue d'avance, les Français, semaine après semaine, ont pris conscience de l'injustice fondatrice de ce projet et de son caractère néfaste pour l'emploi ou l'avenir des jeunes. (...) La défaite est aussi morale. Pas seulement parce qu'avoir imposé comme porte-parole un ministre mouillé jusqu'au cou dans l'intimité des grandes fortunes donnait le sens d'un projet. Le président des riches ne peut plus prétendre incarner l'intérêt général. Nicolas Sarkozy perd son pari sur l'avenir. Gageons qu'aujourd'hui les manifestants seront aussi nombreux et sans doute plus que lors des précédents épisodes du mouvement social. S'y ajouteront des grèves plus musclées. Le chef de l'État s'est mis lui-même dans une seringue. S'il lâche prise, il avoue une défaite majeure; s'il persiste, il provoque un rejet durable de la droite pour une loi qui sera inapplicable et d'ailleurs inappliquée. Il pourra bien changer de collaborateur à Matignon, le choisir portant des mèches un peu plus folles, le regard de l'opinion le poursuivra sans se laisser leurrer. L'obstination brute serait plus coûteuse qu'une retraite, si l'on ose dire."

 

LE FIGARO

(Yves Thréard)

 "Y a-t-il encore un pilote dans l''avion' de la contestation? Depuis plus d'un mois, manifestations et journées de grève contre la réforme des retraites se suivent sans que leurs promoteurs ne sachent trop quel cap tenir. Que veulent-ils? Le retrait du texte. Ils le répètent, mais ne se bercent pas d'illusions. Nicolas Sarkozy ne peut reculer, sauf à se mettre lui-même en danger. (...) Syndicats et PS surfent sur la bataille de l'opinion et de l'antisarkozysme. Les sondages, qui donnent une majorité de Français favorable au durcissement, sont leur seule force. Car eux sont dans la fuite permanente. Attitude peu glorieuse qui trahit une lâcheté certaine. (...) C'est également pour cacher ses propres faiblesses que le PS biaise avec la vérité. Faute d'idées, il laisse la rue lui dicter sa conduite. Appeler les Français à trancher le sujet par référendum, comme le demandent Ségolène Royal et, dans son sillage, l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon, relève d'une pitoyable défausse. La rumeur de l'opinion prime sur leurs convictions, l'opportunisme sur le courage. De deux choses l'une. Ou la journée d'action de ce mardi est l'un des derniers relents de mauvaise humeur contre la réforme. Ou la tension monte par l'acharnement de quelques excités. Mais, dans les deux cas, directions des syndicats et PS ont ici perdu la main."

 

Pour lire la suite: cliquez ici

 


Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 19:10

 

 

 Retraites Réferendum


La réforme des retraites proposée par le gouvernement, adoptée par l’assemblée nationale et qui est en train de l’être au sénat est profondément injuste. Elle a pour conséquences de porter un nouveau coup dur au système de retraite par répartition et d’accroître les inégalités en défaveur de nombre de personnes dont principalement les femmes et les travailleurs ayant des carrières longues.

 

Mais revenons tout d’abord sur le contexte qui a prévalu à ce projet inacceptable lancé par le gouvernement.

 

« La crise a bon dos »

 

 Depuis des années, la politique du gouvernement est désastreuse.


- Des déficits abyssaux que seule la crise ne peut justifier : 8 % du produit intérieur brut (les déficits ne cessaient de croître bien avant la « crise ») soit 160 Mds de déficit fin 2010 pour un PIB de 2000 Mds. (Pour mémoire, le besoin financier pour les retraites est de l’ordre de 32 mds €).

- Une croissance extrêmement faible, autour de 1,5 % probablement en 2010, bien inférieure à celle de nos amis allemands.

- Un plan de relance clairement insuffisant.

- Une politique d'investissement dans l'innovation à cent lieues de la hauteur des enjeux.

 

Résultats :

Un niveau de chômage très élevé et surtout record chez les jeunes et les séniors.

Un développement du travail précaire considérable.

 

Conséquence:

Des décisions prises dans l’urgence avec l’unique volonté de faire vite et dur pour assainir les comptes. Le système par répartition est alors en ligne de mire.

 

C’est ce contexte de politique économique catastrophique sur lequel le gouvernement s’appuie pour mener cette attaque sur les retraites.Parfaitement inique !

 

Rappelons aussi, car le cynisme n’a pas de limite, que Nicolas Sarkozy avait clairement dit qu’il refuserait  de remettre en cause la retraite à 60 ans et que, plus encore, il n’avait pas été mandaté avec son élection pour cela. Doublement inique !!

 

Abordons maintenant le sujet des injustices. Elles sont multiples.


- On casse le droit à la retraite à 60 ans, terrible recul social.

- L’âge de la retraite à taux plein quelque soit le nombre de années cotisées passe de 65 à 67 ans.

- La durée de cotisations est accrue et dans un délai d’application très court.

Les trois leviers possibles sont ainsi pris en compte de façon extrêmement dure et rapide, sans aucun discernement, tant les conséquences humaines sont lourdes.

De plus :

- Pour  92 % du financement, seuls les revenus du travail sont mis à contribution.
- La situation des femmes est encore davantage fragilisée.
- Les carrières longues sont oubliées.
- La pénibilité n'est prise en compte que de façon purement anecdotique et sous un angle
   exclusivement individuel. Il n’y a pas de négociation par branche.

 

Toutes les inégalités sociologiques sont aggravées et sur le plan financier, il est fait appel aux revenus du capital seulement  à la marge (8%).

Pour toutes ces raisons, un seul constat : Triplement inique !!!

 

Ne nous laissons d’ailleurs pas embués, ces décisions du gouvernement sont voulues bien entendu et ont pour objectif final de déstabiliser le système par répartition afin de favoriser et même de commercialiser la retraite par capitalisation. Pour preuve, on lit depuis plusieurs semaines déjà dans les journaux, les publicités des groupes d’assurances pour leurs produits de retraite par capitalisation.

 

Enfin, et c’est un point essentiel à Désirs d’avenir que nous considérons comme ahurissant : la méthode pour réformer.

 

Six mois pour tout décider sans concertation, c’est une ineptie !
La réforme des retraites touche à de vrais choix de société. Cela concerne au plus profond de chacun d'entre nous la vie que nous souhaitons mener.

Une telle réforme ne peut pas se faire sans la participation des français.
Les français ont très bien compris qu'une réforme est indispensable mais pas sans consultation.

L’espérance de vie augmente et tant mieux. Le taux de natalité est bon, c’est un atout.

C’est l’occasion de réfléchir autrement.

Nous avons procédé à Désirs d’avenir à de nombreux micros-trottoirs dont vous pouvez voir le bilan sur le site. Ce sentiment est clairement partagé. Les gens sont conscients que la donne a changé.

Ils sont prêts à faire des efforts, en un mot sont responsables.

Mais ils veulent être associés, voir que tous les éléments sont pris en compte et sentir que la démarche suivie est équitable. Il faut qu’une telle réforme donne lieu à un référendum d'initiative populaire. Ce sujet est complexe, durable, il est indispensable d’avoir une autre vision, d’autres regards sur les solutions. Un débat fermé, directif n’est pas viable et ne peut être qu’injuste.

 

Il y a des solutions, à travers la politique économique à mettre en place, un nouveau modèle social basé sur la répartition du temps de travail, un financement équitable qui fait appel aux revenus du capital mais cela passe par un grand débat démocratique, social et sociétal.

C’est le seul moyen pour que  l’on puisse faire d’une façon sérieuse une réforme d’une telle gravité.

Et cette méthode permettrait de pérenniser davantage ladite réforme qui, sur les bases actuelles, ne l’est absolument pas.

 

Comme le souligne Ségolène Royal :

« La retraite est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. »

 

C’est un sujet qui demande écoute et consultation pour aboutir à une réforme équitable et efficace parce que comprise par les personnes concernées.

 

C’est la moindre des exigences que nous devons avoir, la seule voie sage.

 

Continuons la lutte contre ce projet et exigeons le referendum proposé par Ségolène Royal et déjà soutenu par la motion référendaire des sénateurs PS/PC et par le Parti de Gauche.

 
Signons la Pétition RETRAITES pour exiger
un référendum d'initiative Populaire!!!
 

  

 

 

 

                                                                                              

Pour voir la vidéo intégrale: cliquez ici


 

par Patrick Ardoin pour Désirs d'avenir Paris

 

 

 

 

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 19:33

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 19:07

Animation_Jeunesse_2007_065-671x500.jpg

 

Par  Bruno Palier et Najat Vallaud - Belkacem

A l'inverse, les retraités d'aujourd'hui voient, seuls, leur pouvoir d'achat préservé. Il y avait pourtant légitimité à leur demander de contribuer à proportion de leurs ressources, comme tous les autres, au bouclage financier du système : leur niveau de vie est désormais (légèrement) supérieur, en moyenne, à celui des actifs. Et il y avait un moyen juste : l'alignement de la fiscalité dérogatoire des retraités aisés sur celle des actifs. Est-il juste qu'Antoine Zacharias (ancien PDG de Vinci), titulaire d'une retraite chapeau de 2,5 millions d'euros par an, paie une CSG minorée (6,6 %), inférieure à celle du salarié au smic (7,5 %) ?

Il s'agirait d'un épiphénomène si cette iniquité entre générations était un cas isolé. Elle est au contraire une nouvelle manifestation de notre renoncement à investir dans l'avenir. Le gouvernement sacrifie les jeunes générations qui n'ont pas voté pour lui et les générations futures au profit des générations actuelles. Toutes les politiques publiques en témoignent, et la mascarade du RSA jeunes ne saurait masquer cet état de fait.

Retraite, dépendance, santé : la collectivité investit toutes ses marges de manoeuvre financières dans des réformes au profit des générations âgées. Sans sous-estimer l'importance de ces sujets, est-il vraiment sain que la réforme des retraites soit "la réforme majeure du quinquennat", comme l'a dit Eric Woerth ? La même semaine où le premier ministre confirmait que la réforme des retraites ne concernerait en rien les retraités actuels, y compris les plus aisés, le ministre de l'éducation diffusait une circulaire suggérant aux recteurs de réduire la scolarisation des enfants de 2 ans, d'augmenter le nombre d'élèves par classe, de mettre en oeuvre la suppression des intervenants en langues étrangères, etc.

Nous n'investissons plus dans les générations futures. Nous n'avons toujours pas démocratisé notre enseignement supérieur : à peine 30 % d'une classe d'âge sort diplômée de l'enseignement supérieur en France, contre plus de 50 % aux Etats-Unis, 80 % dans les pays les plus avancés - pays nordiques, Corée du Sud, Japon. Nous consacrons peu de financements à la recherche et au développement, à peine 2 % du PIB contre un objectif de 3 % prévu par l'Union européenne, plus de 3 % aux Etats-Unis, près de 4 % en Suède. Pire, l'effort éducatif global de la nation recule : 6,5 % du PIB en 2010, contre 7,5 % il y a dix ans - une baisse de près de 15 % !

La politique de l'emploi prend comme variable d'ajustement les moins de 30 ans. Face au chômage de masse, on a sacrifié les flux d'entrants pour préserver les stocks d'insiders. Résultat : un taux de chômage des jeunes exceptionnellement élevé (25 %), la multiplication des stages et des emplois précaires. Et une baisse des prétentions salariales : en moyenne, en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient 15 % de plus que les salariés de 30 ans ; l'écart est aujourd'hui de 40 %. Depuis deux ans, ce sont d'abord les jeunes qui subissent les conséquences de la crise.

La politique du logement a aussi évincé les jeunes. L'immobilier a été capté par les générations âgées. 76 % des retraités sont propriétaires de leur logement. Par rapport à 1984, les jeunes d'aujourd'hui doivent travailler deux fois plus longtemps pour acheter ou louer la même surface dans le même quartier.

La politique fiscale est plus discrète mais encore plus inique : c'est une essoreuse à pouvoir d'achat pour les jeunes. Le quotient conjugal et le quotient familial sont des niches fiscales qui redistribuent 37 milliards d'euros par an des célibataires sans enfants (les jeunes, pour l'essentiel) vers les couples et les familles nombreuses. Le quotient familial organise une redistribution vers les familles les plus aisées. Lionel Jospin avait eu le courage de le plafonner. La déclaration par foyer fiscal ("quotient conjugal") est une exception française : le passage à un paiement individualisé de l'impôt, comme partout ailleurs dans l'OCDE, redistribuerait 24 milliards d'euros par an vers les célibataires.

La dette publique achève de préempter l'avenir des jeunes, et donc de la société française dans son ensemble. 97 % du budget de l'Etat est consacré au fonctionnement. Autrement dit, la dette ne sert pas à préparer l'avenir mais à soutenir artificiellement le train de vie des générations actuelles. On a souvent dit que les générations futures paieraient. Ce n'est plus exact : le surendettement guette, on ne peut plus continuer cette cavalerie, ce sont donc les jeunes générations qui vont régler la facture : 1 700 milliards d'euros fin 2010, soit 27 000 euros par habitant.

On rétorque souvent que les inégalités générationnelles sont moins importantes que les inégalités sociales ou de genre. Sans doute. Mais cela ne justifie pas de les ignorer. D'autant plus qu'inégalités sociales, inégalités entre les sexes et inégalités entre les générations tendent à se confondre : le taux de pauvreté des hommes âgés de 60-69 ans était en 2007 de 8,3 % et de 8,8 % pour les femmes tandis qu'il est de 17,2 % chez les jeunes garçons de 18 à 24 ans et 19,7 % chez les jeunes filles. Notre société a fait de la jeune femme seule avec enfant la figure moderne du nouveau pauvre, avec, dans ces conditions, toutes les chances de le rester.

A la veille d'une réforme à la hussarde des retraites et à la hache du financement de la dépendance qui devrait être largement confié aux assurances privées, nous voulons réaffirmer la valeur et l'importance de la solidarité intergénérationnelle comme coeur de la solidarité nationale. On ne peut continuer à diviser ainsi la société, en opposant toujours les intérêts des uns à ceux des autres : il n'y aura ni réforme juste sur le plan social ni respect de l'intérêt général sans un nouvel esprit de justice entre les générations, car c'est tous ensemble, ou pas du tout, que nous construirons la France de demain.

Nous appelons donc à une rénovation copernicienne des politiques publiques. Avec comme priorité une politique d'investissement social dans les générations futures : petite enfance, éducation, université, politique active de premier emploi, fiscalité et politique sociale projeunes... Investir dans notre capital humain est un impératif humaniste plus encore qu'économique : c'est ainsi que le pays s'est reconstruit après la seconde guerre mondiale. Une société qui, tel Cronos, dévore ses enfants, est une société qui signe son déclin et sa perte.


Bruno Palier est également membre du conseil scientifique de Terra Nova et auteur de "La Réforme des retraites" (PUF, 2010, 128 p., 9 €).

Najat Vallaud-Belkacem est également secrétaire nationale du PS chargée des questions de société.

Le Monde daté du 7 septembre 2010

 

 

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 20:41

 

Le tract de DA Paris

Tracts-manifs2.jpg

 

 

 

La rentrée sociale par DA Paris 15

 

La rentrée socilae risque en effet d'être explosive avec la mobilisation prévue par les syndicats le 7 septembre: tous unis contre la réforme des retraites!!!

 

Voici quelques articles qui reprennent les principaux dossiers qui attendent le gouvernement pour la rentrée 2010:  

    

-Retraites : les syndicats se préparent à l'affrontement 

 

Ils dénoncent l'absence de négociations avec le gouvernement et espèrent faire plier le chef de l'État grâce à une forte mobilisation le 7 septembre. 

La tension est montée d'un cran ce vendredi entre l'exécutif et les syndicats, à moins de deux semaines de la mobilisation contre la réforme des retraites le 7 septembre. «On est entré dans un rapport de force porté par le gouvernement», critique Jacques Voisin, le président de la CFTC. «Nous n'aurons aucun éclairage avant le débat à l'Assemblée, abonde Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT. Le gouvernement ne veut pas donner de grain à moudre aux salariés avant la mobilisation.» L'Élysée confirme : «On ne dévoilera rien car les syndicats en profiteraient pour démolir nos propositions afin de plus mobiliser.»

La suite ici      

 

 

-Rentrée sous tension pour Sarkozy  

                

Retraites, budget et sécurité : ce triptyque animera la rentrée, avant un remaniement prévu en octobre.

Nicolas Sarkozy siffle mercredi la fin des vacances, en convoquant le tout premier Conseil des ministres. Cette rentrée s’annonce d'emblée agitée pour le gouvernement qui devra plancher sur trois gros dossiers : celui des retraites, du budget et de la sécurité. Le tout dans un climat incertain lié à l’annonce d’un remaniement pour fin octobre.

La suite ici 

 

 

- Après un été pourri, la rentrée sociale s'annonce très chaude

 

Le 7 septembre prochain, le projet de loi sur les retraites sera présenté et examiné par l'Assemblée Nationale, le calendrier établi par le gouvernement sera donc respecté.

Pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi la question, voici une synthèse de la réforme des retraites voulue par le gouvernement. Pour les autres, nous continuons ...

C'est également le 7 septembre prochain que l'ensemble des représentations syndicales se retrouveront un peu partout en France pour manifester contre la réforme des retraites. Partout en France chacun et chacune d'entre nous est alors appelé à se mobiliser et à défiler contre cette réforme qui allonge l'âge d'entrée à la retraite.

La suite ici

 

par Désirs d'avenir Paris 15

 

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 18:52

 

Retraite-des-femmes.jpg

Photo DNA - Michel Frison

 

 


Le projet de loi sur la réforme des retraites sera débattu devant l’Assemblée nationale à partir du 7 septembre. C'est un immense recul pour les femmes.

Plus de 5 000 personnes ont déjà signé la pétition lancée par le Laboratoire de l’Egalité.
Mobilisons-nous pour atteindre 10 000 signatures,
pour que de réelles mesures soient engagées en faveur de l’égalité.


Vous aussi, signez et faites signer

Rendez-vous sur  http://laboratoiredelegalite.wordpress.com/petition/

Diffusez largement ce lien
************************


Le Laboratoire de l’Egalité réunit des acteurs de l’égalité professionnelle (associations, réseaux de femmes, chercheur-es, syndicats, élu-es, entreprises, medias, blogosphère) pour porter la voix de l'égalité auprès des décideurs politiques et économiques à travers des propositions étayées et concrètes.


Le Laboratoire de l'Egalité a été fondé par :

Pascal Bernard, vice-président de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines (Andrh).
Armelle Carminati, présidente du réseau Accent sur elles
Cécile Daumas, journaliste
Caroline De Haas, Osez le féminisme!
Corinne Hirsch, Laboratoire de l'Egalité
Dominique Méda, sociologue
Sabine Salmon, présidente de l'association Femmes solidaires
Nathalie Tournyol du Clos, présidente de l’association Administration moderne
Olga Trostiansky, présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (Clef).

Par Désirs d'avenir Paris 5 

http://desirsdavenirparis5.over-blog.com


 


Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 19:31

 

drapeau-europeen.jpg

 

Pendant que le gouvernement agite par médias interposés le chiffon rouge avec sa main droite (déchéance de la nationalité), sa main gauche participe au niveau européen à régler des "affaires courantes" (retraites) dont, comme par hasard aucune communication de grande ampleur ne nous informe : une consultation européenne initiée entre autres par Barnier. Cette consultation qui a débuté le 7 juillet, se terminera le 15 novembre 2010.

"La Commission européenne a ouvert le 7 juillet 2010 un débat public dans toute l’Europe sur la façon de garantir des retraites adéquates, viables et sûres et sur la manière dont l’Union européenne peut soutenir au mieux les efforts nationaux accomplis en ce sens. (…)

Cette consultation est une initiative commune des commissaires Andor, Barnier (marché intérieur et services) et Rehn (affaires économiques et monétaires); elle concerne les politiques économiques et sociales tout comme la réglementation des marchés financiers. Elle ne présente pas de propositions d’action spécifiques, mais vise à recueillir des avis sur d’éventuelles actions futures au niveau de l’Union européenne.

La consultation durera quatre mois (elle s’achèvera le 15 novembre 2010), au cours desquels toute personne s’intéressant au sujet pourra soumettre son point de vue par l’intermédiaire d’un site web destiné à cet usage. La Commission européenne analysera ensuite toutes les réponses et déterminera la meilleure manière d’agir dans l’avenir pour traiter ces questions au niveau de l’Union européenne."

Source : http://ec.europa.eu/social/main.jsp?langId=fr&catId=89&newsId=839&furtherNews=yes

 

QUESTIONNAIRE : La page s'ouvre en anglais, mais elle est en toutes les langues. Soyons nombreux à y répondre :

http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/forms/dispatch



Pour envoyer une réponse, consultez au préalable le lien suivant:
  cliquez ici

 

Fra-ter-ni-té !

 

Contribution de Martine (DA Orange) dans le groupe "Les cafés Ségo"

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 17:21

 

retraite---90-ans.jpg

 

Par Désirs d'Avenir Paris - Publié dans : Le dossier "Retraites" de DA Paris
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 

 

 

Contrat-nation-SR-mini.jpg

 

 

 

 

 

  SRle-blog.png

www.segoleneroyal2012.fr/blog


 

Segorama-Logo.jpg

 

 

Vidéos récentes: 

 
Ségolène Royal

Univ Populaires Participatives


Vidéos citoyennes:

 

UPP "Valeur travail"

UPP "Euro-Méditerranée"

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés